BROCKHAMPTON, le seul boys band dont le monde ait besoin

Brockhampton Apocalypse

Alors oui, le terme « boys band » fait peur. Et à juste titre. Des Jackson 5 au One Direction, en passant par les 2be3, tous ont participé à ternir le mot à coup de chorégraphies ridicules, d’apparence superficielle et de magouilles de producteurs. Mais c’est surtout le manque d’implication et l’absence de qualité artistique qui leur est reproché, sachant que pour la plupart d’entre eux, les membres ne prennent pas part à la composition des titres. Destiné aux adolescentes en quête de premiers émois, le genre a mauvaise presse, et il suffit d’écouter pour comprendre pourquoi.

Maintenant oubliez tout ce que je viens de dire sur les boys band : BROCKHAMPTON est là pour redéfinir le genre.


 


 

The internet’s first boy band”. C’est comme ça que les 14 membres du groupe définissent BROCKHAMPTON. Oui vous avez bien lu, 14. Rappeurs, chanteurs, musiciens, graphistes, vidéastes, manageurs, chacun a son utilité. Et c’est Kevin Abstract, chef de file de la clique, qui est à l’origine du collectif. En 2010, sur le forum KanyeToThe dédié à Kanye West, Abstract (alors âgé de 14 ans) lâche un message simple : “Anyone wanna make a band ?”. 

Kevin Abstract

Kevin Abstract

 

Après cette annonce, il se retrouve à parler plusieurs mois avec une dizaine d’adolescents venu de toute l’Amérique : la majorité vient du Texas, d’autres de Floride, du Connecticut ou même d’Irlande. C’est comme ça qu’entre membres fondateurs (Ameer Van, Joba, Bearface, Merlyn, Dom, et bien d’autres) commence à naitre une amitié virtuelle forte. Tellement forte qu’en 2014 ils décident d’habiter en colocation à Los Angeles, inspiré sur le moment par le film The Social Network.

« On se parlait tous sur Facebook et via iMessage et on s’est dit “Allez, on s’en branle, on n’a qu’à habiter ensemble” »

Kevin Abstract, via Vanity Fair


 


 

En janvier 2015, la formation comme on la connait maintenant sort son premier morceau, BET I, qui passe complètement inaperçu lors de sa sortie. Il faudra attendre Mars 2016 pour voir arriver leur premier projet, All-American Trash, une mixtape gratuite qui mélange la folie et l’éclectisme d’un Tyler, The Creator avec la Pop-RnB mélancolique de Corbin. Le groupe enchaîne l’année suivante avec pas moins de 3 albums : la trilogie Saturation est un succès (bénéficiant au passage du succès du projet solo de Kevin Abstract), autant du côté du public que de la critique.

« s’il semble qu’il n’y ait rien que ces gars-là puissent faire, c’est parce qu’ils sont prêts à tout essayer »

The A.V. Club


 

BROCKHAMPTON en live dans les rues de Times Square

 

Rap, G-Funk, Trap, Pop, RnB, on peut les classer un peu là où on veut, le terme qui les définit le mieux reste celui-ci : “innovant”. À l’image de Odd Future au début des années 2010, le collectif casse les codes à coup de battes de baseball cloutées. Abordant des thèmes trop souvent délaissés dans le milieu du rap, BROCKHAMPTON est définitivement le premier boys band militant. Homosexualité, viol, racisme, suicide, drogue, automutilation, santé mentale, aucun sujet n’est mis de côté. Rajoutez à cela des instrumentales oscillant entre le funk, la dream pop et la trap, des flows maitrisés et des voix toutes différentes les unes des autres, ajoutez une pincée d’humour et de punchlines, mélangez le tout, et vous obtiendrez BROCKHAMPTON, un des groupes les plus excitants de ces dernières années.


 

Le collectif a récemment annoncé un nouvel album cet été, sous le nom de Puppy, à paraitre chez RCA Records.

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