Undercover – Vulgar Display of Power de Pantera

Undercover Pantera Apocalypse

Un poing et une tronche, et paf, ça fait un des albums les plus légendaires de l’histoire du métal. Vulgar Display of Power de Pantera c’est non seulement l’album le plus influent des années 90 dans son genre, mais aussi la jaquette avec les rumeurs les plus persistantes.


Jacques a dit : meurt.

En 1992, après cinq autres albums dont le tout aussi célèbre Cowboys from Hell en 1990, Pantera revient avec le pinacle de leur œuvre musicale, Vulgar Display of Power. Considéré à bien des égards comme leur meilleur album, le quatuor texans composé de Dimebag Darrell, Phil Anselmo, Vinnie Paul, et Rex Brown propose ici un groove métal percutant avec un retour au thrash qui fera balancer vos tifs de rockeur à grands coups de cervicales.

Apocalypse Pantera Vulgar display of power

En tout cas, en voilà une pochette énervée, à l’image de ce qu’est l’album : Une énergie puissante, violente, qui arrive et dégomme à peu près tout le « métal game ».

Mais une question reste suspendue aux lèvres de tous les fans : comment ont-ils shooté cette photo pour la cover ? Et c’est là que l’imagination s’enflamme. Tout le monde s’intéressant un peu au groupe s’accordera pour dire que la photo a été prise alors qu’un membre du groupe cognait sur un SDF. Ensuite il y a plusieurs variantes : le clochard a été payé 10$ ou 100$ pour la prise, il a été frappé à plusieurs reprises et payé pour chaque pain supplémentaire. Certains parlent d’une trentaine de  coups, d’autres de 80, que c’était en réalité un fan du groupe, que c’est une photo d’un combat de rue reprise par le groupe, etc… Bref on ne s’en sort pas. Mais aujourd’hui, si l’Apocalypse est une révélation, nous avons le devoir de rétablir la vérité.

Toute pochette a une genèse, et celle-ci ne fait pas exception. Le groupe voulait à l’origine une photo d’un combat de rue. Un truc violent et impactant, très dynamique. Ne sachant trop comment s’y prendre, le guitariste Dimebag Darrell aurait pris la photo du visage d’un mec et l’aurait photocopiée en glissant brutalement l’image pendant le processus pour obtenir un effet de flou et de mouvement. Peu convaincant, les membres du groupes se sont ensuite rabattus sur des photos de combat de boxe, mais c’était encore très loin du résultat voulu.

Apocalypse PanteraLes membres du groupes, de gauche à droite : Dimebag Darrell (guitare), Phil Anselmo (chant), Rex Brown (basse) et Vinnie Paul (batterie)

 Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn

C’est là qu’entre en scène le photographe Brad Guice, et que la légende en prend un sacré coup. Reconnu à l’époque pour ses photos très dynamique, il est appelé pour réaliser la pochette de l’album. Interrogé à de multiples reprises sur la question, il nie tout en bloc ! La photo a été réalisé dans des conditions professionnelles absolument normales ! Et la déception ne fait que commencer.

Pantera voulait un mec aux cheveux longs, alors le bon Brad a appelé de multiples agences de mannequinat. Les modèles aux cheveux longs étant très demandés à l’époque il a eu du mal à en obtenir un pour le shooting. Finalement, une agence lui envoie un gars, un certain Sean Cross, modèle professionnel. Le photographe affirme qu’il n’y a eu aucun « véritable » coup et que le visage du modèle n’a été que « poussé assez fort » pour un rendu réellement physique (Loudwire). Tout un système a été organisé par Brad Guice pour renforcer cette impression de mouvement, notamment un puissant ventilateur pour le mouvement des cheveux du modèle. Tout est fake.

Apocalypse Brad Guice Sean CrossAprès le shoot, le modèle et son photographe sont devenus meilleurs amis, au point que le premier soit le témoin du second à son mariage. De gauche à droite : Sean Cross sans son poing dans la figure et Brad Guice.

Cheveux longs, idées courtes

Mais ce n’est pas aussi simple. Les anciens membres du groupe eux ont une autre version, notamment le batteur Vinnie Paul. Déjà dans un premier temps il affirme n’avoir jamais vu ni su qui était le modèle, ce qui implique que ce n’est pas un membre du groupe qui l’a frappé ! Nouvelle déception. En revanche, il est sûr de lui en affirmant que c’était un fan du groupe, un quidam, qui a été réellement frappé pour un total très exact de 31 fois pour avoir la bonne prise et au prix de 10$ le marron. Le type aurait été casté directement dans la rue et serait reparti comme il est venu, anonyme. Mieux, le bassiste Rex Brown insiste pour dire que c’était précisément 32 coups.

Qui a raison ? Qui a tort ? En attendant à la rédaction on va juste continuer de croire qu’il a effectivement été rudement rossé, parce que c’est tellement plus MÉTAL !!!