Mood – Flegme et déception parentale

Mood #1 Apocalypse

Je suis La Paukalypse, illustratrice intermittente de la fin des temps, et je vous propose de découvrir mon Mood: la rubrique où je vous concocte une illustration, la description d’une humeur particulière, et des links en masse de propositions culturelles pour mieux cerner cette humeur.

Un peu comme trouver le spot qui gratte, le Mood, c’est mettre le doigt sur ce sentiment-là, et l’étoffer, qu’il s’agisse de l’extase de peler parfaitement de la colle de ses doigts, ou de l’horreur de faire un trou de cendre dans son T-shirt Carpenter Brut préféré.


 

Mon mood dernièrement, c’est cette douce sensation quand ta vie te glisse lentement entre les doigts et que tu sens que tu perds le contrôle. Quand tu déçois tes parents, que tu enchaînes les soirées pour ne plus rien penser et que bizarrement, ça fait du bien. Et dans ces cas-là, niveau culture, ça bouillonne.

 

Pour ce qui est de la musique, je me détruis le cerveau avec de la vaporwave comme Vaperror, Hong Kong Express ou des reprises débiles glanées sur YouTube. Pour les non-initiés, rien de tel qu’une petite piqûre de rappel sur ce genre absurde et prolifique à base de samples volontairement défectueux et de vocoders qui hululent dans un très grand garage.

Sinon, et quitte à entendre les dents de Famine crisser de dégoût, je me glisse dans les bras de mon merveilleux Mac Demarco. Cet homme a à mon sens trouvé le compromis parfait entre l’inadéquation et le battage de reins, sans pour autant tomber dans la nostalgie dégueulasse. En fait, ce délicieux personnage y tire même une félicité planante tandis qu’on l’imagine faire l’ange de neige sur un lit de cigarettes. En somme, musicalement, j’aime quand ça plane, j’aime quand ça court-circuite mes oreilles, j’aime quand ça fait flotter mon cerveau dans de la Fiji.

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D’un point de vue littérature, je maudis ce monde, et me réfugie dans les affres cyclopéennes du coquinou Lovecraft, au menton plein de secrets. Bien que la terreur si vantée dans ses livres ne soit pas ce que j’y cherche, j’apprécie de me réfugier dans le cerveau malade d’un de ses narrateurs, me baladant avec lui parmi les terreurs absurdes que l’auteur se plaît à imaginer. Ceci s’ajoute ainsi à mon humeur, ce sentiment de glisser, de corruption, de non-retour dans lequel je me love, cédant avec le sourire à toutes les façon d’échouer.

Enfin, niveau films, Guy Ritchie. Juste: Guy Ritchie. Et son merveilleux SNATCH, que je pourrais fort bien me faire tatouer sur le cœur, comme Stan se fait tatouer Slim Shady sur son blond pectoral. Si je veux un sentiment plus underground et plus sale, je me repais du délicieux Arnaque, Crime et Botanique; si je veux plus d’ambition et d’Idris Elba, j’opte pour Rock’n’Rolla. Guy Ritchie est la couette vaporwave de Famine dans laquelle je me love, il est le Captain Morgan que je glisse dans mon verre chez Conquête.

Ce sentiment d’échec désintéressé, de complaisance dans la nullitude, de grog fumant consommé devant ma baie vitrée tandis que la nuit clignote dehors, alors que de la vaporwave bat le tempo et que je savoure ma gueule de bois, c’est mon humeur, c’est mon mood. Si elle vous est familière, c’est quoi, dans ce cas, votre plaid Ikéa en velours, votre sucre dans le café à deux heures du matin ? Je suis curieuse de savoir ! Sur ce, à bientôt, j’ai une OST des Sims 1 à écouter.

Retrouvez la playlist Flegme et Déception Parentale sur le Spotify de l’Apocalypse!

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Une dernière précision : je suis pas aussi cute que la fille sur le dessin, même si j’aimerais bien chill avec Mac Demarco. Mais ma maman lit peut-être Apocalypse, comme toute personne de bon acabit. Des bisous.