L’Éloge – Carlos

Pour les gens de goût, la bonne humeur est une éphémère vue de l’esprit. Un espoir passager qui bien vite s’évanouit. Qui sait encore chanter autre chose que le mal de ce siècle en proie à la morosité ? Et bien sachez-le, ces prétendus gens de goût sont des sots, car les rayons de miel mordorés et succulents de la joie de vivre restent gravés dans les microsillons les plus sacrés de la musique française : ceux si tendres et si chaleureux du mammouth incontournable de la musique mondiale : Carlos. Ô, Yves- Chrisostome, lorsque ta voix de gorge profonde entonne les couplets chatoyants des musiques exotiques de nos jeunes années, où nous courrions encore les campagnes, cueillir les jonquilles du délice dans les folles prairies de l’insouciance, c’est tout le soleil de ton Clichy natal qui nous éblouit de sa sincérité. La simple vue de ta barbe bonasse me donne envie de tirelipimponner gaiement sur les chihuahuas de la vie tant n’émane de ta grandiose personne que beautés et joie simples et éternelles. Quand ta voix s’élève des gramophones usés par ton colossal talent, ils sont des millions, papayous en main, à se dresser en ton honneur pour entamer encore une Bamboula dans les club-meds de Djerba, de Mykonos et même de Mossoul. Qu’il fait chaud à l’ombre de tes lunettes rieuses qui nous bercent dans les bras des sommets d’abondances et de plénitude. Qu’il fait bon vivre tout nu et tout bronzé dans les bras de Rosalie, de Caroline et de Zitouna, ensommeillé par le nectar sonore qu’elles nous offrent avec toi. Si ta mère sut avec exactitude expliquer au monde comment élever un enfant, c’est parce qu’elle pouvait arborer fièrement les photos implacables de ta bonhomie majestueuse Tu es notre professeur, notre docteur, notre magicien, notre président à tous, et nous n’oublierons jamais tes sourires si charmants, tes chemises si colorées, et tes sous-entendus si astucieux. Écrasant sans méchanceté les poètes maudits et les pessimistes défaits, Carlos éclaire pour nous, depuis le paradis qu’il dirige désormais sans nul doute,  une route pavée de lumière, de couleurs et de joie, où les loups-garous dansent le Bougalou et les thons le cha-cha. Et sous ton égide radieuse, tous les enfants vont chanter en se faisant des Big Bisous, et la France sera enfin sur les bons rails, ceux du train du bonheur. Et c’est avec une larme virile mais non contenue que j’honore ici le  plus grand géant incontestable de la musique française, qui de son regard ravi nous couvre à tout jamais du voile de l’amour, de la camaraderie et de la bienveillance, et que je m’écrie au nom de l’humanité toute entière : Merci Carlos ! Merci pour ton œuvre, merci pour ton talent, merci pour ces moments de liesse qui ne se tariront jamais grâce à toi. Merci.

Tag(s) associé(s):