Game Freak, sans Pokémon

Game Freak, c’est le studio de développement qui a créé Pokémon. Maintenant petite question chez vous, derrière votre écran : est-ce que vous pouvez me citer un seul autre jeu qu’ils auraient développé ? Non ? Et bien c’est ce qu’on va voir aujourd’hui.


Joyeuse fête à tous les clafoutis.

D’abord, petit point histoire. Le studio Game Freak créé par Satoshi Tajiri, Ken Sugimori et Junichi Masuda, était à ses origines, aux débuts des années 80, un simple magazine de jeux vidéos. Les gars étaient tellement chauds que les premiers numéros étaient écrits entièrement à la main (c’est pas à Apocalypse qu’on verrait un tel dévouement).

Avant Pokémon (1989-1996) :

J’ai faim

En 1989, le jeune Tajiri se lance, il fait son premier jeu vidéo : Quinty, appelé dans sa version américaine Mendel Palace sur Famicom/NES. En dehors de la désormais traditionnel situation de la demoiselle en détresse à délivrer, le jeu mélange réflexion et action. Pour passer un niveau, tous les ennemis doivent être éliminés en les balançant contre les murs de la zone de jeu en « retournant » les cases au sol. Le jeu est bien conçus avec des idées de gameplay originale. Game Freak est né.

En 1991, sort deux jeux. Le premier est Smart Ball, un jeu de plateforme (dont les décors ressemblent quelques peu à Sonic), où l’on incarne une charismatique boule de slime pouvant s’accrocher aux murs. Un jeu aux demeurant classiques mais qui reste assez bon dans sa conception. Sortis également sur NES, il est en revanche édité par Sony, une époque où le géant nippon n’avait pas les deux pieds dans le milieu du jeu vidéo, ni Game Freak l’exclusivité de Nintendo.


J’ai arrêté Pokémon à partir de SoulSilver.

Le second en revanche devrait vous être un peu plus familier, rien que par le nom. Il s’agit de Mario et Yoshi, ou plus connu sous le sobre nom de Yoshi. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas d’un jeu de plateforme mais d’un jeu de puzzle, à la manière d’un Tetris. Bien que faisant sa première apparition dans Super Mario World un an plus tôt, c’est la première mention du dinosaure vert de Nintendo dans le titre de l’une de ses éditions. On peut d’ailleurs penser que le succès du personnage auprès du public dans Super Mario World a motivé Game Freak a faire leur jeu aux couleurs du plus célèbre plombier italien venant du Japon. C’est également pour le studio la toute première cartouche sortis sur une console portable de Nintendo, qui est alors la Game Boy. Le début d’une longue histoire d’amour.

ça représente quoi le logo de Game Freak ?

Nous faisons un léger saut dans le temps, jusqu’en 1993. Game Freak remet le couvert avec l’univers de Mario en sortant sur Super Famicom, Mario & Wario, un autre jeu de réflexion sorti exclusivement au Japon. Le principe est que le vil Wario lance des objets, en général un sceau, sur la tête de Mario, et c’est à vous de faire arriver le personnage à la fin du niveau, tandis qu’il avance toujours tout droit sans discontinuer. Vous contrôlez librement une fée nommée Wanda, grâce à la souris de la Super Famicom, qui aide Mario en le faisant changer de sens ou en activant des passerelles. Cette petite explication rappellera sans doute le principe de la gestion des « Minis » dans les jeux vidéos de la licence Mario vs. Donkey Kong, jeux qui sont préfigurés ici de 13 ans. Le studio semble également très attaché aux personnages secondaires de l’univers Mario, puisque tout comme Yoshi, c’est la première fois que le nom de Wario est mentionné dans le titre d’un jeu vidéo après une première apparition dans Super Mario Land 2 : 6 Golden Coins sur Game Boy en 1992.

Nous arrivons en 1994, année de sortie de la production originale Game Freak pré-Pokémon la plus renommée, malgré sa sortie uniquement nipponne : Pulseman. C’est pour le compte de Sega et de sa MegaDrive que ce jeu d’action/plateforme voit le jour. Vous contrôlez le héros éponyme, sachant manipuler l’électricité dans un univers futuriste, luttant contre la cybercriminalité. Le jeu se rapproche plus dans sa conception de la plateforme imaginé par Sonic : rapide et nerveuse.

On peut entendre que la musique (vomie par la Mega Drive) présente une très grande ressemblance avec un thème de Pokémon.

Vous avez pas l’impression qu’à 0:10 il dit « fuck you » ?

Après Pokémon : (1996-20XX)

En 1996, arriva ce qui devait arriver, la sortie des deux premiers jeux de la licence Pokémon : Pocket Monsters Vert et Pocket Monsters Rouge qui sera abrégé plus tard en le nom que nous connaissons tous. Mais comme promis, nous n’allons pas nous étaler plus longtemps sur le sujet, la suite vous la connaissez : c’est un carton, Pokemon devient la deuxième plus grosse licence de l’histoire des jeux vidéos après Super Mario et tout le monde abandonne son Tamagotchi a une mort certaine.

Tamagotchi ApocalypseSentez-vous coupable.

J’en ai jamais eu de ces trucs

Suite à ce succès, les jeux Game Freak non estampillé Pokémon se raréfie. Mais l’on peut encore noter quelques créations intéressantes, même encore tout récemment.

L’une d’entre elles est Click Medic, en 1999. Ce jeu est parfaitement étrange : Imaginé vous dans un futur (du passé, ça se passe en 2016) un peu dystopique où l’espèce humaine est grandement affaibli par des virus dont on arrive pas à se débarrasser entrainant de multiples morts… Vous, vous êtes un médecin qui innove avec un tout nouveau moyen de traitement, la « Virtual Body Machine », un genre de traitement du futur où vous allez directement péter la gueule des vilains virus. Mélangez ensemble une Visual Novel kawaii, un univers futuro-apocalyptique, un système de combat à la Pokémon, et des bails à la Trauma Center : Under the Knife, et vous obtenez ce jeu absolument atypique montrant encore une fois la grande créativité du studio. Cet ambiance médical un peu glauque diffère complétement de l’image du studio. Malheureusement, le jeu est aujourd’hui quasiment introuvable sur son support d’origine, la Playstation première du nom, et disponible uniquement en japonais sur émulateur.

L’introduction, histoire de vous mettre dans l’ambiance.

Galsa Gindu

En 2005, sur Game Boy Advance, le studio renoue avec ses premiers amours en créant un jeu d’action-plateforme nommé Drill Dozer. Vous incarnez une jeune femme pilotant un mécha-foreuse. Vous l’aurez deviner, ici on défonce plus volontiers les plateformes que l’on ne saute dessus, parti pris intéressant. Le jeu utilise aussi des mécaniques de Metroidvania en proposant au travers des niveaux des améliorations pour votre engin. Fun et au design coloré, le jeu a réussi, malgré sa toute relative renommée, à se faire une place dans l’ouvrage de référence Les 1001 jeux vidéo auxquels il faut avoir joué dans sa vie.

Apocalypse Drill Dozer

En 2012, le studio s’aventure sur un nouveau genre : celui des jeux de rythme. Rhythm Hunter : HarmoKnight vous propose de dégommer plantes et ennemis pour créer la mélodie du niveau. Rien de bien original donc, mais qui a le mérite d’exister. Le jeu propose bien sûr de rejouer les morceaux iconiques de la saga Pokémon.

En 2015 et 2016, Game Freak sort deux nouveaux jeux de plateforme originaux. Le premier est Tembo the Badass Elephant. Déjà, on ne peut que saluer ce titre fort évocateur. Vous voyez Rambo, à partir du deuxième film ? Vous voyez un éléphant ? Et bien les deux additionnés donnent Tembo, l’éléphant le plus badass que la Terre est portée. Chargez, écrasez, cracher de l’eau, utiliser sa trompe comme un grappin… Ce gaillard pachyderme tiens sans doute des meilleurs. L’action-plateforme du jeu rappelle, par sa nervosité et la gamme des mouvements disponibles, certains point de Pulseman, revu et corrigé pour une meilleur jouabilité.

Tembo Apocalypse

Le second est un peu plus sérieux, encore une fois il prend place dans un futur dystopique, cette fois ci ravagé par les robots. Giga Wrecker vous propose d’incarner une jeune femme cyborg capable de détruire et reconstruire les débris pour se former un passage. C’est le premier jeu de Game Freak a être développer et édité par leurs soins. Tout comme pour Click Medic, le thème est clairement plus mature et ne s’adresse pas à un jeune public comme le reste de leurs création. Ici, la plateforme vient plutôt se mélanger avec de la réflexion, et propose une expérience profonde.

Apocalypse Giga Wrecker

Et c’est ici que s’arrête, pour l’instant, l’histoire de Game Freak sans Pokémon. Il est évident qu’à l’ombre du géant, Game Freak a su rester un studio créatif et original. Satoshi Tajiri, père de la série des Pocket Monsters, a réussi à insuffler sa créativité au studio qui ne cesse, même si cela a été ralenti depuis leur grand succès, de créer des petites perles vidéoludiques avec très peu de fausses notes. Empresser vous donc d’essayer ces différentes créations originales et variés, notamment les deux derniers, qui sont disponible sur PC.