Le Vers-Sel – Les Bandas

La culture latine nous a mené à bien des turpitudes. De Franco à Shakira en passant par la paella pas fraîche, la liste est longue de ces méfaits commis par les peuplades ibères à l’encontre du bon goût humain. Mais nul mal ne fut plus grand que l’attentat sonore, musical et général que constitue une des pires créations de l’humanité depuis la naissance de Charles Pasqua : Les Bandas. Retour forcé sur une des ignominies les plus flagrantes commise en toute impunité depuis des décennies, qui vient jusque dans nos bras, égorger nos tympans et nos mélomanes.


 

La tranquillité de ce mois de Juillet droguait jusqu’alors mon esprit. Serein, je sirotais une Lupulus en appréciant la lascivité des libellules charmeuses dansant au chant des rossignols hilares. En gros je “chillais”, comme disent les jeunes. Une notification facebook vint soudain perturber mon calme. Je jette un œil distrait sur le cellulaire : mon sang ne fit qu’un tour à la vue du titre en caps lock que me communiquait l’internet : les Fêtes de Bayonne ont commencé.

Que dire sur ces festivités, et plus généralement sur les férias si répandues dans mon sud-ouest natal. Je n’ai personnellement que peu d’affection pour les concours de vomis habillé de rouge et de blanc, et les rues jonchées de gobelets vides et d’ivrognes baignant dans leur urine n’ont pour moi qu’un intérêt limité. Néanmoins, le coma éthylique me semble la seule solution recommandée en férias, et pour cause : l’exposition à la musique serait humainement insupportable en dessous de 3 grammes.

Car oui, le vrai problème des férias, c’est bien les Bandas. Le vrai problème de l’humanité en fait, ce sont ces insupportables fanfares décaties composées de sous-musiciens hideux dont l’absence totale de talent ferait passer le saxophoniste de The Legendary Tigerman pour John Coltrane. On ne sait plus bien quel rejeton hitlérien et misanthrope a osé inventer les Bandas, mais soyez assuré qu’il serait aujourd’hui fiché S.

Pourquoi les Bandas ? Pourquoi des sous-fanfares de cuivres rouillés viennent-elle annihiler le peu d’humanité restant en ce bas monde à coup de reprises dégueulasses de génériques de séries des années 80, et de célébrations boiteuses d’équipes de rugby en perdition.

Tout dans une bandas est insoutenable. Les costumes rouges et blancs grotesques, les musiciens oscillants entre le vieux tromboniste pervers et la jeune flûtiste surmaquillée, le répertoire qui ferait passer une compil de FunRadio pour un opéra de Mozart, les instruments, le côté bon enfant, la mauvaise bière…. Bref, c’est de la merde.

Les Bandas ne méritent que le dégoût dans l’humanité, tant elles symbolisent ce que la sacro-sainte culture populaire a fait de pire. Personne n’aime les Bandas, qui crachotent juste, à la manière d’un Radio-Paris anémique, des chansons inaudibles qui s’abattent sur les masses de  viande saoule comme la misère sur le monde.

Je pourrais conspuer pendant encore des heures cette erreur de parcours de l’inventivité musicale, mais les bandas étant de manière scandaleuse et inexplicable classée au Patrimoine Immatérielle de la France par un Etat de toute évidence corrompu, j’ai peur qu’Alexandre Benalla vienne me régler mon compte à coup de démocratie dans la gueule. Je remets donc mes boules Quiès, et vous dit à dimanche, quant cette cacophonie alcoolisée sera terminée.

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