The Psychotic Monks – Interview Apocalypse

©Vincent Bourre The Psychotic Monks Apocalypse
Photo par ©Vincent Bourre

Dans un fracas sonore autant brumeux qu’inquiétant, The Psychotic Monks creuse un peu plus le sillon d’une scène rock française pleine de promesses. Leur premier album, Silence Slowly And Madly Shines, est un bijou de psychédélisme malsain, entre garage-rock sous peyolt et noise crasseuse. Alors qu’ils enchainent les dates de concert cet automne, ils planchent en parallèle sur un second album qui, à coup sûr, tabassera bien comme il faut vos oreilles.

En attendant, les quatre membres du groupe ont parfaitement répondu à notre questionnaire de l’Apocalypse, avec en bonus, un monologue final pas piqué des vers.


 

Dernier Livre avant l’Apocalypse ?

Martin : William Faulkner – Le bruit et la Fureur

Clément : Rilke – Lettres à un jeune poète 

Arthur : Patrick Suskind – Le Parfum

Paul : Pierre des Esseintes – Manuel de survie : En cas d’apocalypse et autres situations extrêmes

Dernier Disque avant la fin du monde ?

Martin :  Serge Gainsbourg – Melody Nelson 

Clément : Alain Bashung – Fantaisie Militaire 

Arthur : Nick Cave – From Her to Eternity

Paul : Radiohead – Amnesiac 

Dernier Film avant la fin des temps ?

Martin : Wim Wenders – Wings Of Desire 

Clément : Wim Wenders – Paris – Texas 

Arthur : Francis F. Coppola – Apocalypse Now 

Paul : Tim Burton – Edward aux Mains d’Argent

Dernier Jeu avant la fin du monde ?

Une LAN de Civilisation pour tenter de régler le conflit, ou un Left 4 Dead pour se mettre dans le bain. Sinon une partie de Quake en solo. 

Dernier repas avant l’Apocalypse ?

Martin : Je mange pas 

Arthur : Un bout de ma mère

Clément : Une salade de Riz

Paul : Une Galette Bretonne 

 

Selon vous y’a-t-il des signes précurseurs de l’Apocalypse ?

Non aucun, tout va bien dans le meilleur des mondes. D’ailleurs c’est pour ça qu’on fait de la musique plutôt que d’aller aider les réfugiés qui sont aux portes de nos villes. En vrai c’est une question qui nous travaille beaucoup et souvent. On n’a toujours pas la réponse. 

 

L’Apocalypse serait mieux en compagnie de… ?

Martin : Nick Cave 

Clément : Pierre Desproges 

Pour vous l’Apocalypse ça ressemble à quoi ?

A nos cerveaux directement reliés à Tweeter, à Big Brother dans 1984, au concert du soir de l’élection d’Emmanuel Macron, au boulevard des Champs Elysées le soir de la finale de la coupe du monde…

D’un autre point de vue ça pourrait aussi ressembler à un concert de A Place to Bury Strangers. 


 

Dernier tweet ou statut Facebook avant l’Apocalypse ?


 

Un dernier conseil à vos fans pour affronter l’Apocalypse dignement ?

Regarder l’intégrale des Monty Python


 

Que faudrait-il préserver de l’Apocalypse ?

La Toccata et Fugue en Ré Mineur de J-S Bach 


 

Conquête, Guerre, Famine et Mort : Quel cavalier de l’Apocalypse seriez-vous ?

Difficile à dire. On ne se voit pas vraiment comme des cavaliers de l’Apocalypse. On évolue dans un monde qui est complexe et qui d’un certain point de vue, pourrait vite courir à sa perte. Difficile de se voiler la face et de ne pas regarder cette réalité en face. Alors on essaie de rester lucide par rapport à ça, et de changer quelque chose à notre toute petite hauteur. 

Peut-être que c’est aussi une manière de palier à une certaine « Apocalypse », que de chercher à se plonger dans ce qu’on fait et d’y mettre tout ce qu’on est. Mais pour cela, il nous faut beaucoup d’énergie, et il nous faut aller chercher en nous tout en restant conscient du monde à tendance « pré-apocalyptique » dans lequel on évolue. On s’interroge toujours sur ce qu’on fait, comment on le fait et pourquoi, pour ne pas se rendre compte, trop tard, qu’on s’est complètement voilé la face, qu’on s’est enfermé dans quelque chose qui pourrait s’apparenter à une sorte de complaisance si facile à atteindre quand on a la chance de vivre dans la partie du globe dans laquelle on vit. 

Ça peut aussi être une forme d’apocalypse personnelle. Alors je crois qu’on se bat contre ça, et on a choisi la musique pour ça. Et ça ne veut pas dire que ça sera toujours ça. 

On se trouve souvent chamboulé par une oeuvre d’art, quelqu’elle soit, un film, un tableau, un passage d’un morceau… À travers l’Art on transmet et on reçoit et ça reste un des seuls langages universels, qui peut mettre l’Homme à une échelle commune face à ses émotions. 

Alors c’est ce qu’on a choisi, à notre hauteur pour tenter de sortir de nous ce qu’on a dire, ce qu’on ressent face à tous les contextes que tu exposes dans cette question. Si la musique qu’on fait permet d’éveiller quelque chose chez les gens qui l’écoutent sur nos disques, ou qui viennent la voir en concert, c’est déjà quelque chose de grand pour nous. 

Paul : Aucun, l’équitation n’est pas vraiment notre point fort.


 

Retrouvez The Psychotic Monks et leurs dates de concerts sur leur page Facebook en cliquant ici

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