BlacKkKlansman, Black (and White) Lives Matter

Blackkklansman Apocalypse

Si vous nous suivez sur les réseaux sociaux, vous devez déjà le savoir, mais c’est la fin des « Archives de l’Apocalypse », tout du moins en tant que format. Désormais vous pouvez retrouver toutes nos chroniques de films, albums, livres, jeux, ou tout autre produit culturel qui nous intéresse dans la catégorie au nom qui vous est si familier : « Archives de l’Apocalypse ».

De plus, vous devez savoir que Spike Lee a sorti un nouveau film ? Bon pour les retardataires, voici ce que nous avons pensé du 23ème long-métrage de fiction du réalisateur : BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan.


RIP les Archives

À la sortie du film, premier constat : Il n’y a pas de plan spermatozoïde à figure de Anthony Mackie qui féconde un ovule comme dans She Hate Me. C’était pourtant la meilleure idée cinématographique qu’ai eu Spike Lee de toute sa carrière.

À la place, on a un film plutôt pas mal, clairement pas le film de l’année ni le meilleur de la filmographie du réal, mais un film qui a au moins le mérite de tenir un numéro de funambule assez bien mené.

Spike Lee, on le sait, est un réalisateur très impliqué dans la cause afro-américaine aux États-Unis. Il n’est donc pas étonnant que le bougre se soit fendu de cette histoire vraie pour son nouveau film : celle de Ron Stallworth, premier policier noir de Colorado Springs, qui a réussi à infiltrer et devenir membre du Ku Klux Klan, organisation suprémaciste blanche (entendez par là : « gros racistes de mes couilles »).

Le vrai Ron Stallworth.

ChaKkKan

Pour ce qui est du film en lui même, on suit donc le jeune Ron Stallworth — interprété par John David Washington (si si, le fils de Denzel Washington) — de son entrée comme cadet de la police, jusqu’à ce qu’il arrive à faire tomber la branche locale du KKK qu’il avait infiltrée. Pour rencontrer en personne les membres du Klan, il est aidé par Philip Zimmerman (Adam Driver), et tandis que ce duo de choc cherche à faire tomber l’Organisation, Ron s’amourache de Patrice Dumas, une jeune étudiante afro-américaine très engagée socialement.

Si le film dénonce très clairement le racisme et les inégalités envers les Noirs, il ne fait pas pour autant dans le manichéisme. On dirait que la sagesse de la vieillesse est enfin passée sur l’esprit revanchard de Lee, puisque les différents plans mettant en parallèle les discours des blancs et des noirs semblent montrer que finalement aucun extrême n’est bon à prendre : il faut que les violences sur la communauté afro-américaine cessent, mais la solution n’est pas de prendre les armes contre les blancs. Cela est très bien représenté par le personnage de Ron : ambivalent, c’est un noir qui travaille à la police, considérée alors comme les oppresseurs. Il cherche ainsi à changer les choses de l’intérieur et ne soutient ni les racistes blancs (David Duke ou son collège insupportable à la police), ni les réactionnaires afros, qui en voulant combattre l’extrémisme tombent eux-même dans un extrémisme (comme l’appel aux armes contre les blancs au début du film). Combiné à ça la fin « documentaire » qui termine le métrage avec un poing dans la gueule et un humour très bien dosé, et vous obtenez un film fort divertissant en plus de son aspect conscient et engagé.

On regrettera en revanche la happy end vraiment poussive et presque guignolesque qui fait perdre un peu du percutant du message, un début un peu longuet, un montage parfois brouillon, et l’absence de plan spermatozoïde, donc.