La Prophétie de l’Horloge, Harry Potter contre Freddy Krueger

Cate Blanchett, Eli Roth, Jack Black. Un trio pour le moins déroutant  à l’affiche de ce film passe complètement inaperçu en France, malgré une communication digne de Transformers 37. Pourtant, le potentiel apocalyptique de ce film d’horreur pour enfant est indéniable. Avis d’expert donc, sur ce mélange démoniaque d’humour lourdasse, de jumpscare et de féérie.


 

L’étrangeté de ce film provient sans nul doute de ses origines. Il s’agit en effet d’une adaptation du premier tome des aventures de Lewis Barnaveldt, série de livres pour enfants culte aux États-Unis. On retrouve donc le jeune Lewis, orphelin, recueilli par son oncle, Jack Black. Le spectateur est de suite plongé dans l’étrangeté du manoir de notre bon Jack : fauteuils qui galopent, automates à foison et tableaux qui changent de couleurs. Cate Blanchett, l’excentrique voisine tout de pourpre vêtue, conclue de donner a ce décor une ambiance très mystérieuse.

On se dit qu’on part pour une version low-cost d’Harry Potter, et on ne se trompe qu’à moitié. Car l’oncle et sa voisine sont en fait des magiciens et le jeune Lewis obtiendra rapidement de son oncle une formation en sorcellerie de base. Cette ambiance magique assez agréable et colorée cache hélas un secret glaçant : l’ancien meilleur ami de Jack Black y a dissimulé une horloge géante, dont le mécanisme prépare quelque chose de terrible.

L’ambiance du film va donc faire un yo-yo permanent entre féerie et film d’horreur. Et Eli Roth y parvient plutôt bien. La dimension magique, bien que cartoonesque, parvient à enthousiasmer, et la dimension horrifique est maîtrisée par Eli Roth, qui ne cède que peu au jumpscare facile.

Néanmoins, le film commence a se dégrader au fur et a mesure que le scénario avance. Et qu’on se rend compte que le plan du méchant, ressuscité par mégarde par Lewis (Wtf ?), est celui de Nox dans Wakfu (les vrais savent). Personnages unilatéraux, plot holes grossiers, deus ex machina ridicules, Eli Roth tombe en permanence dans une écriture paresseuse au motif qu’il s’agit d’un film pour enfant.

L’humour du film est également affligeant : les blagues scatophiles incessantes altèrent violemment l’ambiance du film, et les moments de brillance de Jack Black (il joue quand même du saxophone avec un Fez) sont trop rare. J’ajouterai que la VF est proprement abominable, et achève de rendre le comique du film absolument indigeste.

On ne sort pas de ce film complètement hagard cela étant. Juste déçu de toutes les bonnes idées et du casting remarquable qui sont délaissés au profit d’un scénario absurde/facile et d’un humour au ras des pâquerettes, qui nous sort de ce délire horrifico-magique pourtant prometteur et divertissant.