Mood – Routine et Chai Latté

mood apocalypse chai latté

 

La rentrée est passée. Après l’angoisse, les retrouvailles ou les rêves de coups de pieds retournés, le monde entre à présent dans la routine. Et bien que pour les mégères du cinéma d’Antonioni, la routine soit quelque chose de terrifiant, d’un autre point de vue, il peut s’agir de quelque chose d’extrêmement doux.

Le mois de septembre est plié. Le temps est à la délectation des nouveaux apparts et des sorties tant qu’on a encore de l’argent (ce qui va s’épuiser très vite). Il fait encore jour relativement tard, ce qui donne lieu à de merveilleux couchers de soleil orangés. Et votre humble servante qu’est la Paukalypse apprécie beaucoup ça.

C’est l’occasion de déguster un petit thé au lait en écoutant des morceaux choisis de Bedroom Indie, ce genre de musique défini 1) parce qu’il est composé sur FL Studio (lol) dans une chambre entre deux clopes, ou 2) parce qu’il s’écoute dans la quiétude d’une chambre qui ne nécessite délicieusement pas encore de chauffage. On retrouve parmi ces déferlantes de bisous: l’étonnamment blanc King Krule, le beaucoup trop blanc Mac Demarco, le polémique Rex Orange County, ou le sensuel Yellow Days — sans oublier Under Wraps, littéralement, de Her’s. Ce palmarès de la couette pourrait sembler un peu trop masculin, aussi on ne se prive pas d’ajouter la frétillante Angèle, ou le magnifique groupe The Internet qui n’est plus à présenter, quitte à s’éloigner de la Bedroom Indie, tout en conservant une dose maximale de plaisir.


 

Le temps est au réconfort, après le stress de la rentrée, à regarder des films-couettes : ces films dans lesquels il est bon de se lover quand on en a marre du monde extérieur. Pour certains, c’est Snatch — et ils auraient beaucoup de goût. Mais il peut aussi s’agir de l’attachant Dog Day Afternoon, des chaleureux Good Will Hunting et Le Cercle Des Poètes Disparus, ou de n’importe quel autre film qui rassure, comme un petit Disney, La Planète au Trésor étant le meilleur film de tous les temps quant à cette entreprise surcotée et un peu malaisante avec du recul (désolée votre enfance). Après un entretien exclusif avec Conquête, il s’avère que son film-couette soit Boyz ‘N The Hood aka La Loi De La Rue en français.


 

Les Mood sont, comme dirait un prof de lettres, perméables, et donc, on peut y piocher des références qui ne perdent jamais de leur côté juteux et frais. Ainsi, jouer comme un idiot dans les feuilles mortes, regarder les longs couchers de soleil, faire des selfies lors de la golden hour et écouter de la musique d’un énième connard qui miaule en se prenant pour Elliott Smith est dans l’air du temps ; ou sinon, si on n’a ni amis ni envie de sortir de chez soi, on peut juste rester dans son lit et jouer à Life Is Strange.

Attention, l’original. Pas le skyblog sur pattes qu’est Before The Storm. Certains diront que continuer de traîner ce sequel de merde dans la boue est se répéter ; à cela je répéterai qu’ils sont probablement toujours déçus de l’adaptation d’Eragon, alors la durée légitime d’une déception est somme toute relative.

Cependant, on peut concéder à cette dernière oeuvre qu’elle manie plutôt hardiment le nerf de ce mood : la nostalgie. Et quitte à faire une bonne grosse overdose, pourquoi pas se faire un petit marathon des oeuvres qui ont marqué notre enfance. Ainsi, suivant le degré d’inquiétude que devrait susciter la pédagogie de vos parents, voici une proposition de marathons :

L’intégralité des Harry Potter (parce que votre Patronus est une chèvre)
L’intégralité du Seigneur des Anneaux (parce que boire un shot à chaque meme est beaucoup plus raisonnable dès lors qu’il s’agit d’une tisane au gingembre)
L’intégralité des Silence des Agneaux (j’ai toujours confondu ces titres de films étant petite, et si vous avez inséré la mauvaise VHS dans le magnétoscope pour fêter vos huit ans, vous avez probablement passé une enfance particulièrement funky).

De gros bisous goût baume à lèvres vanille-chai de chez The Body Shop, n’hésitez pas à laisser en commentaire votre film-couette. Et ne mettez pas La Liste de Schindler, on saura que vous mentez. Mais on rigolera quand même.