Mood – La Rue, La Nuit

Mood Apocalypse Nuit

Ici à Apocalypse on est dotés d’yeux et ça nous permet même de voir que le soleil se couche tôt. Oui, bon, fallait bien un moyen d’introduire ce phénomène d’une banalité sans nom mais qui pourtant nous affecte tous sans le dire : avec le changement d’heure, la sortie du travail se fait nocturne.

Je sais que l’Apocalypse se porte anonyme, mais s’ouvrir un peu ne va faire de mal à personne. L’année dernière, à la même époque, j’étais à Paris. Je me faisais vingt minutes de marche aller-retour dans le cœur de la ville de lumière pour aller au travail, et comme tout bon connard du XXIe siècle, je le faisais les écouteurs solidement enfoncés dans les oreilles pour me fermer à toute empathie. Et en tant qu’animal scopique, mes yeux cependant restaient ouverts et baignés de ce qui m’entourait. Et quand je sortais, entre dix-huit heures et dix-neuf heures, il faisait nuit, et je bouillonnais de ce que je voyais. Qu’est-ce que je voyais, qu’est-ce qui me laissait en harmonie parfaite avec ma musique grésillante ?

Des putes. Des tas de putes à la rue Saint-Denis. Les néons des sex-shops et autres centres de massage thaïlandais qui défilaient sur le côté de mes yeux. Pendant ce temps, je me gavais de l’album CARPENTERBRUTLIVE, une pépite qui cristallise le travail magnifique de ces tarés de chez Carpenter Brut. Cette ambiance de néons et de synthés, c’est tout un monde que je vous propose de vous remémorer : les synthés et la boîte à rythme du dieu vivant Giorgio Moroder, comme les titres magiques suivants, ainsi que sa petite merveille qu’est la B. O. de Scarface. C’est aussi David Bowie au sommet de son kitsch, le « bon vieux temps » comme disent tous les connards, à coups de saxophone et d’accent de Brixton. Mais c’est bien plus que ça, ce sont des films merveilleux, le kitsch Sea Of Love, les lunettes de soleil de Top Gun, la nuit mystérieuse et menaçante de Terminator, ou le yaourt que fait votre cousin quand il essaie de chanter les paroles de Footlose (… »ouze! Gnagna gnouze! Dubadubadubi -ouze ! », il aura tout donné).


 

Toutes ces filles et fils de joie ça fait hurler le sexophone, les vêtements en simili-cuir qui couinent et le chaland qui me regarde de travers parce qu’il se demande ce que je fous là. Mais c’est aussi une porte ouverte à l’intimité, à la mélancolie. Tout le monde se retrouve dans la nuit, comme si la disparition de cet œil de feu qui nous juge perpétuellement dans le ciel faisait ressortir le Mr Hyde sombre qui sommeille en chacun de nous. Alors dans ce moment-là, j’aime bien écouter l’album-tribut Heaven Adores You posthume d’Elliott Smith, qui recèle des bonbons de morceaux acoustiques jamais achevés, où juste une guitare et des hectolitres de talent me rappellent qu’il y a toujours plus déprimé que moi. Et plus talentueux aussi. Snif.


 

C’est tout un sport que de slalomer entre les rats et les bobos. Quand j’ai besoin d’un peu plus d’énergie, je passe à la soundtrack des Gardiens de la Galaxie, même si elle emprunte beaucoup plus aux années 70 qu’aux années 80. Boh. De toute façon j’étais pas née pareil. Et je sais que si j’en parle à un spécialiste, il me pissera de toute façon dessus parce que selon lui j’écoute ces périodes seulement pour me donner un style. Si vous avez suivi, c’e

st le même salaud qui dit que le rock est mort et que la musique potable de Bowie s’arrête avec l’an 80. Rappelez-moi de faire un Mood sur les troubles de l’érection chez les cons qui fument des gitanes.

Si vous jetez un oeil dehors en lisant cet article et qu’il fait nuit, c’est l’heure parfaite pour lancer un petit Carpenter Brut, ou se souvenir qu’après tout, Retour Vers Le Futur est décidément une trilogie sympathique, malgré le fait que tout le monde se soit monté la tête  avec Johnny B Goode en 2015, ce qui vous rappelle que vous connaissez ce gars qui avait acheté la casquette de McFly et qu’il a pas l’air con maintenant en 2018.

Sur une note moins vénère: si j’avais pu, j’aurais écouté l’OST de Climax. Mais il n’est pas trop tard. Bonnes pérégrinations cahin-caha.


 

Des bisous qui ont bon le goût du café noir et des falafels parisiens !

Retrouvez la playlist ici :

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