Mood – Bordel de Noël

Qu’on ne m’interprète pas de la mauvaise manière, je n’ai rien contre Noël. Ou plutôt, je n’ai rien contre le fait de boire une quantité invraisemblable de vin blanc en mangeant du canard avec ma famille sous notre sapin à deux étoiles.


 

Et je ne dis pas non plus que Noël, c’est mal. Mais Seigneur… quelle période de l’enfer. Un chemin de croix des horreurs, à slalomer entre les films de Noël américains à la con, les tops de cadeaux inutiles de Topito et les chansons qui filent le diabète. Je n’ai rien non plus contre Mariah Carey mais, bon sang, si jamais par hasard on se retrouvait en 1v1 dans la rue, la coudasse filerait dans sa mâchoire sans sommation. Il en est de même pour ces cantiques américaines qui nous douchent sous les grelots et les crooners bienveillants qui chantent l’amour sous la couette, ou, euh, le vent…? L’amour dans le vent…? L’amour dans les clochettes…? Est-ce que ces chansons ont le moindre sens ? Et qu’est-ce qui les différencie des autres chansons, juste la piste de grelots en plus ?

Quant aux films de Noël, ils me font me cacher sous ma couette et attendre que ça passe, tel un bombardement nazi en Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale. Je vous sens vous offusquer, oui, certes, Le Père Noël Est Une Ordure était peut-être drôle… les 48 premières fois. Maintenant, il me cale comme les tartines de foie gras à l’apéritif, et, tout comme celles-ci, je m’efforce de le faire passer avec dix-huit verres de vin blanc.


 

C’est terrible, rien ne va. Les cadeaux ? La galère de trouver les bons, parce que tout le monde a la flemme et offre un livre, et qu’on a pas le droit d’offrir des chaussettes même si c’est une super bonne idée. La bouffe ? Mords dans un toast de foie gras, ta cousine va te montrer les vidéos de gavage de canard, bois de l’alcool, ta tante a déjà siphonné le Chardonnay, essaie à la limite de rôder du côté des tontons après le repas pour essayer de récupérer un digestif et tenter de rincer les quarante-six plats et huit desserts et éventuellement t’enivrer gentiment. Et vas-y que ton cousin prend une photo pile poil quand tu te grattes la narine, et que tu lui empruntes l’appareil gentiment pour « prendre des photos » et que tu en profites pour jeter un œil à la galerie, avant de te rendre à l’évidence qu’il n’y a aucune photo potable de toi et qu’il t’est impossible de prendre un selfie après tout le mal que tu as dit des instagrammeuses avec tes oncles au moment de l’entrée.


 

Le Ricard le vin blanc l’armagnac la poire le cognac et le whisky, pour oublier que tu as dû choisir entre sortir avec les potes et mettre toute ta bourse du Crous dans des cadeaux. Des heures à chercher un cadeau qui de toute façon sera accueilli avec le même sourire poli, une demi-heure à poireauter dans la file de la caisse et un sourire compatissant aux minettes qui emballent les cadeaux avec soin alors que ces mêmes emballages seront déchirés en trente secondes. En plus ton frère se moque de toi parce que tu dis « Mmh, il est bon ce vin ! » à toutes les bouteilles que tu goûtes, mais évidemment qu’il est bon ce vin, ça fait dix ans que tu le dis à chaque gorgée mais tu ne peux pas t’en empêcher parce qu’après tout, il est super bon ce Jurançon treize ans d’âge.

L’alcool monte vite parce que tu es crevé, la réaction des gens aux cadeaux est anticlimactique, et malgré tous tes efforts et tes discussions avant-gardistes avec tes cousines, l’assemblée s’est quand même découpée avec d’un côté les femmes et les hommes de l’autre. C’est cependant un soulagement de ne plus être à la table des enfants. Même si maintenant, tu te rends compte que tes parents sont un peu plus racistes que ce dont tu te souvenais.

Joyeux Noël à tous, sauf à mon ex.

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