Top 100 albums 2018 (Part. 1) – Apocalypse

TOP-100 Apocalypse

Est-ce que l’objectivité existe vraiment ? Avec toute la bonne volonté du monde, le jugement de tout un chacun sera forcément altéré par son éducation, ses goûts, ses croyances. Alors évidemment que nous autres, Cavaliers de l’Apocalypse, essayons de tendre vers une certaine objectivité lorsque l’on décide d’ériger une telle liste, mais force est de constater que celle-ci est quand même vachement subjective.

On aime évidemment tous les albums qui constituent ce catalogue, on aurait même pu faire un top 150, mais sachant que le mastodonte qui vous attend plus bas va déjà refroidir pas mal de nos lecteurs, on a préféré le réduire à 100 et de ne garder que la substantifique moelle. Ce top est donc le reflet de tout ce qu’on a écouté au fil de l’année, et qu’on écoutera encore dans le futur. Si futur il y a.

Take a good scroll comme disent nos amis anglo-saxons, et découvrez ainsi ce qu’on pense être la crème musicale de cette année 2018. Tremble Topito, voici le Top 100 albums de l’Apocalypse.

Enfin les 25 premiers de la liste, la suite arrive, n’ayez craintes. 


Etch

Ups & Downs

 

Ambiant Jungle / Breakcore

À mi-chemin entre Boards Of Canada et Burial, le producteur de Brigthon prend  ici un malin plaisir à détourner le son parfois trop conventionnel des musiques électroniques britanniques. jungle, drum & bass et autre UK garage se retrouvent embellis par une atmosphère planante et austère, à la fois délicate et complètement glitchée, rendant ces genres – souvent méprisés par la critique – presque poétiques.

19 0ctobre – Bandcamp

 



Mattiel

Mattiel

 

Folk-Rock, pur produit du terroir américain

Avec sa voix légèrement éraillée, Mattiel est le chainon manquant entre Nancy Sinatra et Jack White. Avec un rhythm ‘n’ blues boosté à la soul et à l’americana, la jeune américaine délivre un premier album racé. Rétro, mais par conséquent intemporel.

13 Mars – Bandcamp

 



Beach House

7

Pop rêveuse

Trois ans après Depression Cherry, le duo de Baltimore revient avec 7, un 7ème album plus lancinant et éthéré que jamais. En abusant moins de la reverb, et en s’autorisant même des morceaux sans clavier, la dream-pop de Beach House atteint ici sont état de grâce et mérite bien son statut de « groupe le plus adulé de l’indiesphère » comme dit l’excellent webzine Les Oreilles Curieuses.

11 Mai – Bandcamp

 



BeaNS

Someday This Will All Be Ash

Free Rap

Il est assez méconnu en France, mais rassurez-vous, il est tout aussi méconnu Etats-Unis. Et pourtant, le rappeur de 47 ans est loin d’être un illustre inconnu, puisqu’il a fondé AntiPop Consortium dans les années 90, l’un des groupes de Hip-Hop les plus inventifs des années 2000. Beans depuis quelques années enchaine les albums en mélangeant toutes les influences qui lui passe dans les oreilles. Dans Someday This Will All Be Ash, le punk rencontre le jazz, le boom bap se mélange avec l’electronica, le tout avec un futurisme encore jamais vu dans le rap US.

16 Novembre – Bandcamp

 



Daniel Blumberg

Minus

Neil Young craspouille

Premier album solo de Daniel Blumberg, première claque. Au début de la décennie, le chanteur londonien officiait dans Yuck, groupe d’indie rock qui offrit à une tonne d’ados en plein spleen une bande son idéale. Pour Minus, changement d’ambiance radical. Sale, écorché, le disque s’éloigne des voies sirupeuses que son ancien groupe a pu emprunter dans le passé. Le songwritter, avec sa voix excoriée sous fond de free-noise matraquant le cerveau de quiconque, écorche tout du long sa carapace en chantant l’horreur de la vie. Un album pas franchement joyeux, ni facile d’accès, mais dont l’écoute marque un bon bout de temps.

4 mai – Spotify

 



Mick Jenkins

Pieces of a Man

Rap touche à tout

Avec un nom d’album qui fait référence au grand Gil-Scott Heron, Mick Jenkins se devait d’être un genre de factotum du rap. En analysant les effets des mécanismes sociétaux sur sa propre personne, il offre un jeu de piste à l’auditeur qui veut comprendre la pensée veritable de l’artiste, éparpillant les pieces de sa personnalités tout au long du projet ; autant au niveau des paroles que sur les instrus résolument jazzy.

26 Octobre – Bandcamp

 



shades

in Praise of Darkness

Experimental Dubstep

Alors que l’on pensait l’originalité dans la dubstep décédée depuis belle lurette, elle surgit de nulle part et brille par sa singularité sur cet album. Composé de l’anglais Alix Perez et de l’américain Eprom, Shades est le nouveau visage de la bass music. Rythmiques déstructurés, basse gloutone, expérimentations électroniques, parfois dansant, parfois noise, cet album est définitivement à conseiller à toutes les personnes qui pensent que la dubstep est morte avec Skrillex.

13 Juillet – Spotify

 



Szun waves

New Hymn to Freedom

Post-jazz

En mélangeant post-rock, jazz et ambiant electronica, le trio anglais Szun Waves a tout simplement créé un des albums les plus relaxant et contemplatif de cette année. Stratosphérique.

31 Août – Bandcamp

 



cyril cyril

certaine ruines

velvet underground au bouzouki

Percussions bricolés, banjo trafiqué et vers déclamés, c’est ce qui faut s’attendre avec cette doublette de Cyril. Sorti sur l’excellent label/disquaire genevois Bongo Joe (dont l’un des deux joyeux lurrons est le patron), et repéré par le défricheur de talents chelous qu’est JB de Born Bad Records, le disque est une preuve de plus que la musique n’est que meilleure lorsqu’elle est empreinte d’aspirations multiculturelles.

21 Septembre – Bandcamp

 



Sleep

The Sciences

Stoner/Doom qui tâche

Sans prévenir personne, et sans promo, les légendes enfumés reviennent avec The Sciences, 20 ans après Dopesmoker, véritable manifeste du genre. Planant, lourd, solide, ce nouvel album atteint un niveau de lourdeur sonore encore jamais atteint par le groupe. Prenez Black Sabbath, badigeonnez-les de 10 Kg de beurre, et vous obtiendrai Sleep, qui possède actuellement un des sons le plus gras de la scène stoner.

20 Avril – Spotify

 



CZARFACE, MF Doom

Czarface Meets Metal Face

2 Légendes du Rap Indé

Le crossover le plus ambitieux ? Avengers : Infinity War ? Que nenni. D’un côté, MF Doom, légende vivante du rap indé anglais, de l’autre Czarface, supergroupe comprenant Inspectah Deck du Wu-Tang et 7L & Esoteric. Rajoutez à cela des invités de marque, comme Open Mike Eagle ou Vinnie Paz, et vous obtiendrez inévitablement un album qui ravira les nostalgiques de l’âge d’or du rap new-yorkais.

30 Mars – Spotify

 



laurent pernice

A World Too Late

Electronique d’Avant-Garde

Hors du temps, hypnotique, à la fois austère et complètement farfelu, A World Too Late est probablement l’album le plus étrange et inattendu que l’on a écouter cette année. On ne va pas s’étendre ici, car le grand Bester Langs a écrit peut-être le meilleur article de Gonzaï cette année à son sujet, on vous invite donc à le lire en cliquant ici.

23 Mars – Bandcamp

 



Fléau

ii

Synthwave à la John Carpenter / BO de film imaginaire

Qu’il est rare d’entendre un album de synthwave qui prend son temps. Adieu les arpeggiators en pagaille, adieu la basse matraquante, adieu les références incessantes et putassières aux années 80, place à Fléau. Qu’il est difficile aussi d’écouter II sans s’imaginer des images qui l’accompagnent. Si l’Apocalypse – autant ce webzine que celle biblique – devait avoir une bande originale, aucune doute que nos oreilles se tourneront naturellement vers l’artiste bordelais.

30 Mars – Bandcamp

 



Maribou state

Kingdoms In Colour

Downtempo electro-organique

Protégés du bon, mais surtout vieux Fatboy Slim, le duo londonien offre un peu de douceur et de tendresse à la scène electro britannique en piochant leurs influences au quatre coins du globe. Un album qui pourrait aisément passer à la radio, si seulement les programmateurs de grande radio sortaient un peu plus de leurs zones de confort.

7 Septembre – Bandcamp

 



Eagle Twin

The Thundering Heard

Sludge visqueux

Une voix de viking enroué, une basse et une guitare qui ne connait que les notes les plus graves de leurs manches respectifs, brutalité guerrière… C’est difficile de ne pas rester indifférent après un tel déluge de saturation. Suintant, visqueux, avec cet album Eagle Twin signe son entrée dans les grands noms de la lourdeur.

30 Mars – Bandcamp

 



Steve Hauschildt

Dissolvi

Ambiant Electronica

En voilà un album qui ravira les fans des Selected Ambiant Works d’Aphex Twin. Rêveur, contemplatif, Dissolvi brille par sa finesse. Pour accompagner ce voyage sensoriel, on vous conseille de l’écouter dans le noir et les yeux fermés. Cosmique.

3 Août – Bandcamp

 



Cockpit

Cockpit II

Grunge-garage Bordélique

Dans la famille J.C. Satàn, je demande le neveu psychotique. Les lascars de Cockpit, tout droit sortis des caves bordelaises les plus sombres de notre ère, ont sorti cette année leur album de l’immaturité, « et à la rédac, on adore » comme on dit quand on est un journaliste intègre. Souillon, foutraque, démerdard, Cockpit II – comme ça pochette – t’en met plein dans la gueule. Et tu l’auras pas volé celle-là.

11 Mai – Bandcamp

 



DJrum

portrait with firewood

Jungle/breakbeat/techno Jazz

Les mélomanes électroniques exigeant devraient apprécier. C’est un peu comme si Nils Frahm venait de Bristol : Piano, violon et synthétiseurs analogiques sont confrontés à la froideur des kicks techno et à la violence des drumkits jungle. À la croisée des chemins, l’album s’écoute aussi bien en club, que sous sa couette, ou les deux en même temps.

17 Août – Bandcamp

 



YOB

Our Raw Heart

doom psyché

La rythmique pachydermique, le chant guttural, une guitare pataude, aucun doute, c’est bien un album de doom. Et pas n’importe lequel, un album de YOB, maître incontesté du doom cosmique. À la fois contemplatif et brutal, le disque marque les esprit par ses arrangements d’une profondeur abyssale. Costaud le machin, très costaud.

8 Juin – Bandcamp

 



Khruangbin

con todo el mundo

surf/Soul/Funk around the world

Les américains de Khruangbin mélangent tout. Les genres d’abord : on passe d’un morceau à l’autre de la soul au surf-rock, du funk au rock psyché des 60’s, c’est un bordel, on se croirait dans une B.O. de Tarantino. Mais les gars de Houston s’arrêtent pas là, ils mélangent aussi les influences géographiques : Caraïbes, Moyen-Orient, Asie du Sud-Est, Afrique subsaharienne… Les émotions aussi ! Parfois mélancolique, parfois dansant, mais souvent rêveur. Mettez le tout dans une grosse casserole à feu doux pendant 42 minutes, et vous obtiendrez l’un des albums les plus frais de 2018.

26 Janvier – Bandcamp

 



Altin Gün

On

Pop-Rock Psyché d’Istanbul

Avec cette volonté de faire renaitre l' »âge d’or » (« Altin Gün » en turque) du rock psyché stambouliote en alliant modernité et folklore, le groupe révelation des Trans Musicales 2017 brille par son psychédelisme doux et ses mélodies captivantes. Difficile de pas se retrouver envoûté par cet album.

30 Mars – Bandcamp

 



Motorama

Many Nights

PopWave

Ce 5ème album pour Motorama est l’occasion pour eux d’affuter un peu plus leur son si singulier. À la croisée de la cold-wave mélancolique et de la pop romantique, le groupe russe se distingue par son envie d’aller toujours à l’essentiel, rien est en trop. Un minimalisme exacerbé qui permet une fluidité exemplaire tout le long de ce trop court album.

21 Septembre – Bandcamp

 



Natureboy Flako

Theme for a Dream

Electronica sous acides

Chroniqué dans nos colonnes il y a quelques mois, Theme for a dream est, comme le laisse suggérer son titre, l’album électro le plus onirique de cette année. À l’épreuve du temps, planant, obsédant, Natureboy Flacko dépeint un univers sonore à la frontière entre Iglooghost et Bonobo.

20 Juillet – Bandcamp

 



Goat Girl

Goat Girl

Indie Psych Rock

Premier album, première claque. Les 4 anglaises de Goat Girl ont 20 ans à peine, et elles distribuent déjà les coudasses comme si elles avaient 15 ans de carrière derrière elles. Signé sur le mythique label Rough Trade Records, le groupe est là pour redéfinir les standards du rock actuel. Désabusés, nonchalantes, impulsives, fascinantes.

6 Avril – Spotify

 



Till Brönner, Dieter Ilg

Nightfall

Jazz ambiance années 50 à NY, la nuit et il pleut

À la première écoute on pense évidemment à Miles Davis ou Chet Baker. Le minimalisme de l’oeuvre intrigue, beaucoup d’émotions différentes se dégagent des compositions, alors qu’il n’y a finalement que 2 instruments, une trompette et une contrebasse. Et puis on regarde la tracklist, et on découvre que ce ne sont pas leurs compositions, mais un repertoire aussi varié que surprenant : Britney Spears, Leonard Cohen, Bach ou encore les Beatles. C’est la plupart du temps méconnaissable, mais une fois qu’on le sait, la seconde écoute est encore meilleure.

26 Janvier – Spotify

La suite en cliquant ici

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