Les Mystères de Pékin, le Cluedo mais en bien

Suite au succès tonitruant de notre précédent article sur les jeux de sociétés améliorés, place aujourd’hui à un jeu qui a fait le régal de bien des  enfants des années 90 : Les Mystères de Pékin. Un savant mélange entre le « Qui est-ce », le Cluedo, et l’humour raciste de la fin des années 80.


Boom

Parmi les jeux de sociétés cultes qui ont fait notre enfance, on ne pense pas immédiatement aux Mystères de Pékin. Pourtant, nombre d’enfant ont possédé cette petite pépite et s’en souviennent avec émotion. Il faut dire qu’une partie de Mystères de Pékin avait l’avantage de plaire à tous les joueurs. Contrairement au Monopoly, qui a détruit plus d’amitiés que l’érection du Mur de Berlin, et aux interminables parties de Uno ou chacun y va de ses propres règles, tentant désespérément de rendre ce jeu immonde un tant soi peu intéressant.

Le principe est simple : chaque joueur est un détective pékinois, qui tente de résoudre une affaire criminelle avant ses concurrents. Pour cela, il faudra déterminer le coupable en explorant les divers quartiers de Pékin, et rencontrer des personnages hauts en couleurs qui nous donneront des indices sur la description physique du coupable.

Qui de Ping Pong, Pag Aïe ou Dino Lee a donc volé les saumons de Tchang Pabong, le poissonnier ? A vous de le découvrir, en savourant ces astucieux jeux de mots sur nos amis chinois, qui nous rappelle que les années 90 permettaient quand même beaucoup de choses pas forcément à regretter. On notera aussi la disproportion totale de la gravité des enquêtes. Un jour vous résoudrez le mystère du poil à gratter dans la lessive de Lee Pre’shing le blanchisseur, le lendemain vous devrez retrouver le pyromane ayant causé 25 morts dans l’incendie du salon de beauté de Miss Fond’Ting. Oui, je me régale avec ces noms, et il y’en a plein d’autres à savourer.

Le jeu est créé par Mary Danby et publié en 1987 par MB, filiale d’Hasbro. Le jeu est par la suite racheté par Lansay, plus connu pour son matériel audio, notamment le mange-disque des années 70, (encore une similitude avec notre article sur les Top Trumps, décidément). Il rencontre un franc succès, ce qui orientera la marque à associer ce marché du jeu de société avec sa ligne éditoriale : le merchandising et les produits dérivés. C’est donc à Lansay qu’on doit les magnifiques adaptations des émissions télés en jeux de plateau, du truculent Star Academy au fantastique Touche Pas à mon Poste, avec de vraies nouilles pour mettre dans le slip des autres joueurs (j’espère vraiment faire une blague, dites-moi que c’en est une).

Les Mystères de Pékin n’en reste pas moins un excellent jeu. Le design chinois est magnifique, les interactions sont cools (lire les indices sur des cartes avec un petit écran révélateur) et le jeu plaira à tous les enfants. N’essayez pas d’y rejouer s’il s’agit d’une madeleine de Proust, vous serez déçu par l’infantilisme du jeu, renforcé par les deux rééditions de 2002 et 2012. Néanmoins, c’était quand même un sacré jeu d’enfance, bien supérieur encore une fois au satanique Uno, que quelques adeptes démoniaques s’entêtent encore à répandre dans nos campagnes.

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