Green Book : Sur les routes des Oscars

Ceci est le dernier ultimatum divin, je répète, ceci est le dernier ultimatum divin. SI Viggo Mortensen, le meilleur acteur danois de tous les temps, n’est pas récompensé cette année pour sa performance incroyable dans le très bon film Green Book, la fin du monde sera enclenchée le 25 février à 23H23, éliminant de fait toute vie sur Terre. Ceci est le dernier avertissement.


 


 

Non mais c’est vrai, sans déconner. On en a fait un pataquès avec DiCaprio, je vois pas pourquoi j’en ferai pas un pour l’héritier d’Isildur, pour Captain Fantastic, bref pour l’un des acteurs les plus sous-côté de l’histoire d’Hollywood. Et qui le prouve encore une fois dans ce Green Book, film pour lequel il est nominé (et y’a intérêt à ce qu’il soit récompensé) pour l’oscar du meilleur acteur. Un film qui bénéficie également de quatre autres nominations aux récompenses suprêmes, plus d’un BAFA, de trois Golden Globes et du prix du public du Festival de Toronto. Du lourd, donc.

Le Green Book, ou Negro-Motorist Green Book, est un guide à l’intention des afro-américains publié chaque année de 1936 à 1966, recensant les hotels, restaurants et autres garages qui acceptaient les noirs dans les régions du sud des Etats Unis. Le guide du routard des gens pas trop racistes en gros. Ce Green Book appartient dans ce film à Tony Lip, chauffeur et garde du corps de Don Shirley, célèbre pianiste noir. Le virtuose partant en tournée dans le Sud en cette fin d’année 1962, le Green Book est indispensable pour savoir si cet ami de Kennedy et star mondiale sera ou non tabassé en allant prendre une bière au bar du coin.

Peter Farelly, plus connu pour Dumb and Dumber, délaisse la comédie américaine et Jim Carrey pour un film plus social et sérieux. Néanmoins, et c’est là le premier point fort du film, le film est drôle, bien écrit et excellemment vendu par les deux acteurs au cœur du film. Tout le film est basé sur la performance des deux hommes, et ça se voit, et c’est pour ça que ce film est génial. Viggo transcende l’écran dans son incarnation d’un émigré italien mangeur de Hot Dogs et amateur de blagues, rappelant au passage qu’il parle couramment sept langues, parce que c’est Viggo, et que c’est un génie, du coup. Il donne la réplique à Mahershala Ali, déjà récompensé aux Golden Globes et aux BAFA, qui campe ici un pianiste distingué et digne impressionnant.

Au delà des acteurs, c’est l’écriture du film qui en fait un tel récipiendaire de récompenses et nominations. Les dialogues sont brillants, simples et efficaces, et les scènes s’enchaînent avec fluidité et logique, sans que jamais ce road-movie répétitif ne paraisse ennuyeux. La réalisation est discrète mais marquée, et Peter Farelly réalise ici une bien belle transition vers un cinéma plus sérieux. On notera aussi le montage de Patrick Don Vito qui mérite amplement sa nomination aux oscars, qui transcende complètement tous les points positifs du films.

Le propos de Green Book n’est pas que de nous offrir une perle de justesse technique, mais aussi une réflexion sur l’amitié et la tolérance. Le traitement du racisme y est discret et fin par moments, mais hélas par d’autres très gros sabots. Green Book essaie trop d’être un feel good movie et verse dans le melo parfois grossier, même si certaines scènes sont justes et fortes (j’ai versé ma larmichette à la fin), la mise en scène et l’écriture de cette dimension du film aurait pu être allégée. Pour finir, la BO jazz/blues du film, pour réjouissante et agréable qu’elle soit, manque un peu d’originalité, même si ce n’est pas un réel défaut.

Allez donc voir Green Book, un moment de cinéma remarquable et une belle histoire de musique, de festins et d’amitié. Et donnez ce putain d’oscar à Viggo, il en va de la survie de votre planète !