Love, Death and Robots : Plaisir, Vaisseaux and Post-Apo

Depuis l’Aube des Temps, le mois de Mars est une date-clé pour l’Apocalypse. Discrets et habiles, les Cavaliers préparent leur retour de la fin Mars, qui sera tonitruant. Mais nous ne sommes pas les seuls à faire mijoter dans nos marmites des projets machiavéliques. Netflix, Tim Miller et David Fincher ont bien bossé aussi. Le résultat : Love, Death and Robots. Et c’est proprement incroyable.


poubelle

Je n’apprendrai rien à personne en disant que Netflix sont des néonazis transphobes qui tuent l’industrie du cinéma, produisent à la chaîne des séries médiocres pour empêcher notre cerveau abruti de se révolter contre le capitalisme et violent des chatons juifs en mangeant cru des bébés hamsters homosexuels. C’est d’ailleurs pour cela que tous ensemble nous faisons front contre Netflix, en refusant obstinément de leur donner le moindre centime puisqu’on squatte le compte de notre maman/grande sœur/ex pour les plus vicelards.

Est-ce que tu baises ?

Ingrid ?

C’est donc absolument ahurissant qu’ils aient produit, et même validé un projet tel que Love Death and Robots. Projet longuement mûri par la rencontre de Tim Miller, à qui l’on doit Deadpool, et David Fincher, à qui l’on doit plusieurs chefs d’oeuvre du cinéma hollywoodien, les deux zigotos se sont dit : et si on faisait de l’animation pour adultes ? Que les fans de Hentai s’arrêtent ici, mais que ceux qui regrettent l’édulcoration permanente de la popculture et de la  science-fiction poursuivent : on ne parle pas de pornographie, mais d’une excellente série variée et surprenante.

Love Death and Robots prend la forme d’une anthologie d’une vingtaine d’épisodes ayant pour points communs une ambiance Sci-Fi et aucune censure. Préparez-vous à voyager de la Chine médiévale aux confins de la galaxie et à changer d’univers comme de blaster, d’ambiance comme de vaisseau spatial. Car Tim Miller et son studio Blur ont fait bosser tous leurs partenaires à travers le monde, ce qui donne un résultat aussi éclectique que rafraîchissant. De la 2D cartoon succède à de la Motion Capture léchée, et chaque épisode devient unique tant par son aspect graphique que par ses choix de réalisations. Thématiques comiques, graves, cyniques et tragiques se suivent et s’enchaînent, offrant au spectateur un panorama de tout ce que la Sci-Fi peut avoir de brillant et de jubilatoire.

Jubilatoire aussi pour les réalisateurs, sans doute lassés d’animer les sempiternels animaux cartoon en quête d’amitié mignonne et gentille. Les gars se sont clairement lâchés comme Tim Miller l’avait fait lui même dans Deadpool. On ressent d’ailleurs cette influence deadpoolesque dans la répétition du gore et de la nudité, parfois gratuitement certes mais jamais vulgairement. Et à l’ère d’un cinéma hollywoodien trop policé pour beaucoup, vous devriez en avoir pour votre argent si vous êtes en quête de quelque chose d’inhabituel et de nouveau dans la Sci-Fi dominée par les Star Wars disnéyens.

Scénaristiquement, la série n’invente rien et pour cause : les épisodes durent entre 8 et 18 minutes. Pas le temps pour des enquêtes à rallonge ou des épisodes fillers. Place aux histoires concises et efficaces, inventives même si peu originales, sublimées par une démonstration de la diversité incroyable du monde de l’animation d’aujourd’hui, souvent occultée par des superproductions trop identiques. Alors allez binger Love Death and Robots, vous ne le regretterez pas, et laissez-vous emporter par ce multivers sobre comme coloré, drôle comme triste, effrayant comme apaisant, qui est avant tout une déclaration d’amour à la Science-Fiction et ses innombrables rêveries.