MaseBrothers : Vidéoclub Forever

On vous avait déjà parlé de Masebrothers et de leurs vidéos rétro, rendant hommage aux films de genre des années 80 il y a quelques temps. Après un succès certain au Frames Festival avec leur court-métrage Rage of Fire II, Mathieu, Sébastien et Jérémy, le trio derrière le projet Masebrothers, voit encore plus grand avec leur nouveau film : Cyborg, Deadly Machine, un court métrage d’une nouvelle ampleur, actuellement en financement sur Kickstarter. On a eu la chance de s’entretenir avec Mathieu et Jérémy pour parler ce nouveau projet, de l’avenir de leur chaîne et de robots qui pètent des gueules.


 


 

Alors qui donc se cache derrière ce mystérieux nom Masebrothers ?

Mathieu : c’est moi qui ai vraiment lancé cette affaire au départ. Je suis allé voir d’abord Sébastien, puis Jérémy. On faisait au départ des courts-métrages, des vidéos, pas mal de choses artistiques avant Masebrothers, on est tous les trois potes depuis l’enfance.

Avec Masebrothers, le projet c’était de rendre hommage à la culture et aux films qui nous parlaient, qui nous animaient gamins. Ça s’est fait naturellement, et on est parti sur notre premier court-métrage il y a 5 ans avec Sébastien, Le Maçon se Déchaîne. C’est d’ailleurs de là que vient le nom Masebrothers, c’est la contraction de nos deux prénoms Ma(thieu) et Se(bastien). Jérémy travaillait déjà avec nous, mais il a pris une place plus importante après.

La chaîne est vraiment née il y a deux ans avec la sortie de Kickin Jack, mais on a gardé le nom, on aime bien ça fait un peu Marx Brothers, et les amis c’est vraiment la famille pour moi. Avant, la chaîne servait juste à héberger Le Maçon se Déchaîne et le faire circuler à nos amis et nos familles.


 

Masebrothers et les gens qui gravitent autour, c’est une bande de potes en fait.

Jérémy : Principalement oui. Il est arrivé parfois que des personnes extérieures interviennent, et sur Cyborg on a recruté du monde vu que c’est un projet d’une bien plus grande ampleur.

Mathieu : Au départ c’était vraiment « Qui est dispo pour jouer ce perso ? » et ça partait. Tu sais jouer, tu sais pas jouer, on trouvera une solution, au pire on te redouble. C’était comme ça. On tourne avec les copains, puis à force on a rencontré des gens, comme le compositeur Fixions qui travaille avec nous depuis plusieurs vidéos maintenant.

Le premier point fort de vos films, c’est la qualité de la réalisation des effets, des techniques en général par rapport à n’importe quel chaîne YouTube lambda. Vous avez une formation, une expérience dans le cinéma, ou c’est juste l’apprentissage sur le tas depuis que vous êtes gosses ? 

Mathieu : J’ai fait une école de cinéma, mais ma vraie formation, elle a démarrée avec le caméscope de mon père et les films que je faisais avec mes potes.

Jérémy : Dans mon cas, j’ai une formation en communication visuelle, mais comme Matthieu, c’est un peu par la force des choses que j’ai touché au travail vidéo du montage, de la post-prod et de l’animation. Maintenant je fais aussi du Motion Design.

Vos références sont ancrées 80’s et 90’s à fond. Vous parlez dans votre présentation de Terminator, de Robocop, de tout ce cinéma d’action et de science-fiction. Ces refs vous viennent de l’enfance ?

Mathieu : On a clairement été éduqué par les vidéoclubs : toutes ces belles affiches sur les présentoirs, les belles VHS, même si c’était pas toujours des bons films. Moi j’étais surtout fan de films d’arts martiaux quand j’étais gamin, Jackie Chan particulièrement. J’ai du faire chier tous mes potes avec Jackie Chan, Jérémy peut en témoigner. Je matais que ça, et les films qu’on faisait gamin ça ressemblait toujours à ça, c’était Mathieu Chan quoi.

Après bien sûr, les Schwarzenegger c’était aussi des incontournables. Predator est une grosse ref, Terminator aussi, le premier notamment, dont je m’inspire beaucoup pour Cyborg. Après il y a John Woo, MacTiernan, on s’inspire de pleins de choses.

Jérémy : Moi j’avais une affection pour tout ce qui est dessins animés et mangas, plus que Mathieu sans doute. Le film Ghost in the Shell m’a beaucoup marqué, mais l’esprit de la chaîne c’est vraiment le gros cinéma d’action, les films avec des acteurs à fortes personnalités comme Stallone, Schwarzy, tous ces films bien musclés avec des explosions, et une bonne dose de naïveté aussi.

Mathieu : A une époque, on habitait loin l’un de l’autre et on se voyait pas souvent, du coup chaque vacances c’était l’occasion de se retrouver et de voir des films mais toujours les mêmes. On connait par cœur chaque réplique d’Evil Dead 3 qui est vraiment notre film de chevet. Class of 1999 aussi, qu’on s’est régalé à voir encore et encore. Et Commando avec Schwarzenegger, faut pas l’oublier.

L’autre référence majeure de la chaîne est le cinéma d’horreur de l’époque, composé à moitié des films cultes de Wes Craven et John Carpenter, et à moitié de nanars grotesques de série Z, je me trompe?

Mathieu : Effectivement, on a fait plusieurs court-métrages inspiré de ce cinéma. Pour fêter le premier Halloween de la chaîne, on avait fait The Flusher, pour rendre hommage à ces films gores et sales des années 80. On a aussi fait une vidéo hommage aux Gremlins et aux Critters, les Boblins, dans laquelle j’ai copié entièrement un plan d’Evil Dead. Il y a plusieurs hommages aux Contes de la Crypte dans nos vidéos aussi.

Votre chaîne est donc active depuis deux ans et votre premier gros projet a été Rage of Fire II l’année dernière. C’était un premier essai vers des vidéos plus longues, plus travaillées, plus onéreuses, un premier pas vers Cyborg

Jérémy : Oui, c’était un nouveau challenge. Notre format habituel est celui des Vidéos Hors-Sujets qui sont des programmes courts, mais l’idée d’un court- métrage plus ambitieux était là depuis le début. Rage of Fire II c’était marier l’univers du cinéma d’action asiatique et du retrogaming. C’était un projet qui prenait plus de temps, plus de moyens.

Mathieu : On essaie sur la chaîne de sortir un court-métrage plus ambitieux par an, même si on veut faire toujours mieux avec les VHS. Rage of Fire ça a été le premier essai dans ce sens-là.


 

Rage of Fire II a été montré au Frames festival, qui réunit la fine fleur du YouTube Game. Quelle expérience vous avez acquis de pouvoir montrer votre travail en public, et à des gens influents dans le milieu ?

Mathieu : On a effectivement placé notre court-métrage dans plusieurs festivals, notamment à Frames, où on a eu la chance de concourir dans la catégorie chaîne de moins de 10K abonnés. On a rencontré plein de gens, et on a présenté notre films à un jury de gens importants, qui nous ont décerné une mention spéciale. Quand t’as Kyan Khojandi qui te donne un prix au micro, ça donne forcément un coup de boost. Parce que tu te demande toujours si ton contenu plait aux gens. Des moments comme ça, ça nous donne toujours de la motiv à continuer la chaîne et nous investir encore plus.

Votre contenu est assez atypique par rapport aux tendances YouTube, et vous paraissez être plus proche du cinéma que d’Internet. YouTube a-t-il une place dans vos créations vos inspirations?

Mathieu : Je suis pas très consommateur de vidéos sur YouTube. Depuis qu’on est dessus bien sûr je découvre des créateurs, mais je dois être un vieux con, je préfère toujours regarder un film sur ma télé plutôt que de consommer rapidement. J’ai pas vraiment de modèle sur YouTube, même si j’aime bien les contenus de fiction, comme la chaîne Les Parasites par exemple.

Jérémy : C’est un peu pareil pour moi, j’ai pas de références qui soient vraiment des influences sur ce qu’on fait. Je consomme YouTube pour apprendre via les chaines de vulgarisation, pour délirer aussi bien sûr. mais je connais pas de chaîne qui fasse la même chose que nous même si c’est sans doute plus dû une méconnaissance de ma part. Après sur YouTube, le projet Kung Fury nous a beaucoup touchés et inspirés, mais c’est pas vraiment une chaîne, c’est plus parce que ça nous ressemble, et que c’est très cool.

Mathieu : Même si on aurait préféré le voir sur une TV cathodique. Après on a trouvé un soutien sur YouTube en la personne du Fossoyeur de Films, qui soutient et fait de la pub pour notre chaîne sur Twitter. C’est sans doute grâce à lui qu’on a été en compétition à Frames d’ailleurs, et il a aussi soutenu le projet Cyborg dès le début, alors qu’on s’était juste croisé en festival. Il nous a bien aidé et nous à donner de la visibilité, et ça m’a beaucoup touché, on le remercie beaucoup pour ça. À Frames on a aussi rencontré ALT-236, qui fait des vidéos très bien aussi sur la SF notamment, et qui est super sympa.


 

En terme de temps et de budget, il faut compter combien pour une vidéo, vu que vous êtes auto-financés et que vous faites tout vous-mêmes ?

Jérémy : C’est difficile de répondre, on compte pas nos heures, vu que Masebrothers est un projet à côté de nos professions respectives. Pour les lieux de tournage et le matériel, on utilise nos contacts et nos relationnels, Mathieu travaille dans l’audiovisuel donc ça aide bien.

Mathieu : Vu qu’on tourne plusieurs sketchs en même temps, c’est difficile de dire précisément combien de temps prend une vidéo. On essaie de sortir une vidéo tous les deux mois en gros, même si on veut qu’elles soient de mieux en mieux, donc forcément c’est plus long derrière en post-prod et en réalisation. En terme de coût, ça nous arrive de sortir quelques centaines d’euros, notamment pour des accessoires d’époque pour donner l’ambiance. D’ailleurs, on utilise toujours les mêmes dans nos vidéos, la vieille télé, le vieux téléphone à cadran, c’est devenu des copains, c’est presque des personnages de la chaîne à part entière.

Comment se passe la post-production ?

Jérémy : On travaille essentiellement sur After Effects, un peu sur Cinéma 4D, par exemple pour le simili-bioman dans Kick Jack que j’ai modélisé.

Mathieu  : Et moi je fais plus le montage avec la suite Adobe, sur Premiere notamment, sur Photoshop. Pour la colorimétrie et le compositing, j’utilise After Effects. Ça nous arrive de retoucher des images sur Photoshop souvent aussi.

Une de vos marques de fabrique est l’utilisation quasi exclusive de l’anglais dans vos vidéos, et ce avec un accent français très marqué :  c’est un choix ? c’est fait exprès pour ajouter à la dimension kitsch de vos vidéos ?

Mathieu : C’est évidemment assumé, et ça fait partie de la personnalité nos films. Après ce n’est pas du tout maîtrisé, parce que j’ai un sale accent quand je fais les voix. Il y a que Sébastien qui parle bien anglais, et qui double correctement. Après, si je parlais mieux anglais ça serait pas mal aussi.

Jérémy : On a gardé de notre enfance ces bande-annonces en anglais très américaines et très impressionnantes, et c’est ça qu’on a voulu garder. On s’est pas trop poser la question de savoir comment notre accent allait être perçu, nous on voulait restituer ce narrateur invisible qu’on entendait. On voulait garder ce ton-là, et on l’aurait pas retrouver en français.

Mathieu : Après, on aime bien aussi le kitsch français de l’époque. On a fait Burn(es) Out pour rendre hommage à ça, jouer sur ces codes là. Sur Rage of Fire, on a aussi bossé avec Michel Vignié, qui a doublé Mickey Rourke, Cho Yun Fat et Robocop dans la série qui nous a fait une VF du trailer. Et là pour Cyborg on est carrément allé chercher Daniel Beretta, le doubleur de Schwarzenegger vu que le lien avec Terminator est évident. Quand on a la possibilité de faire ça, c’est vraiment chouette, et le milieu du doublage nous a paru très ouvert, même à nos délires à nous, ça nous a surpris. On espère bosser avec de plus en plus de gens comme ça au fur et à mesure des vidéos.


 

Vous êtes donc les rois du retro et du vieux cinéma de vidéoclub, mais aujourd’hui, vous êtes touchés par ce qui se fait comme cinéma actuel, dans les genres que vous aimez comme l’horreur et la SF ?

Mathieu : Je vais toujours au cinéma et je suis toujours friand de films mais surtout de films retros. Pour Cyborg, j’ai beaucoup regardé de films de SF du début des années 90, comme Hardware, American Cyborg, des nanars en fait, mais qui sont un peu des tutos pour faire ce qu’on veut. Au cinéma, la dernière claque que j’ai prise a été avec Overlord, de Julius Avery. C’est vraiment ce que j’aime comme genre de films, très bien construit, qui commence comme un film de guerre et bascule en film d’horreur, c’est assez génial.

Jérémy : Je vais pas souvent au cinéma pour être franc, mais j’ai vu dernièrement Alita, qui est une adaptation d’un manga de SF un peu cyberpunk que j’aimais beaucoup quand j’étais jeune. Je partais avec appréhension, le parti pris graphique était bizarre mais couillu, notamment le personnage principal en 3D, mais j’ai été impressionné par l’expressivité du personnage malgré le côté effets spéciaux. J’ai aussi aimé l’authenticité, la dimension un peu artisanal de ce film même si c’est blockbuster. L’univers retro un peu crade est quand même plus osé que la grosse machine Marvel.

Mathieu : Seb m’a montré Love, Death and Robots aussi, vous avez écrit un article dessus (ndlr, il est disponible en cliquant ici). Et là ça m’a embarqué, j’aime les variations de techniques, les histoires sont courtes mais très bien, les esthétiques sont super, et pour une fois l’animation m’a vraiment transportée.


 

Et en tant que fans de culture pop rétro, un avis sur Ready Player One ?

Mathieu : Tout le monde me tanne avec ce film, mais c’est justement tout ce que je veux pas voir dans un film retro, à savoir 20% de réel et que du numérique derrière. Je suis trop vieux, j’arrive de moins en moins à vibrer avec du numérique, et cette esthétique-là me bloque, donc je l’ai toujours pas vu.

Jérémy : C’est vrai qu’avec Mathieu on est très attaché aux techniques anciennes des effets spéciaux, les maquettes, les animatronics, ça nous parle vraiment. Et en tant que spectateur, on trouve que c’est plus intéressants que la 3D d’aujourd’hui. Après c’est une question générationnelle, on est plus vieux que le public cible de ces films récents.

Mathieu : L’avantage des maquettes c’est que ça donne aussi un côté intemporel. Le Nostromo dans Alien c’est une véritable œuvre d’art, et Alien reste excellent. Et ce qui est marrant c’est que ce genre d’effets supporte mieux le poids des ans que la vieille 3D, par exemple la prélogie Star Wars. Même si une partie du jeune public peut être rebuter par le côté « jouet » des effets spéciaux réels. Après, les deux styles d’effets spéciaux ont des avantages et des inconvénients, et souvent le mariage des deux est souvent une bonne solution.

Parlons maintenant de Cyborg : Deadly Machine. C’est le plus gros projet que Masebrothers ait porté, et vous voyez les choses en grand, avec un Kickstarter des acteurs professionnels et du monde en plus à la production. Racontez-nous comment est né ce projet.

Mathieu : Après Rage of Fire, on a voulu faire un autre court-métrage. Au départ, j’avais des idées beaucoup plus cyberpunk, avec un décor urbain complet à la Blade Runner, mais ça allait être trop compliqué à faire. Du coup, on s’est tourné vers le post-apo, plus facile à mettre en place, surtout pour trouver des décors. On est ultra fan de l’esthétique du futur de Cameron dans Terminator, et c’est ça qui nous a inspiré à la base. On s’est dit que ça allait être un vrai hommage à cette science-fiction du début des années 90

En termes d’effets spéciaux, c’est donc aussi l’occasion de réutiliser les vieilles techniques ?

Mathieu : De base on va forcément utiliser de la 3D, pour tout ce qui est VFX, tir de balles, explosions, on peut pas se payer un artificier pour faire ça en effets réels. On a voulu mettre des moyens sur des pôles du films qui apporteraient vraiment une plus-value au résultat final. On veut donc tourner en décors réels et en maquettes, utiliser du maquillage beaucoup, et des animatronics dans la mesure de nos moyens. Travailler avec ces effets-là c’est aussi rendre hommage à l’imperfection qui fait aussi la spécificité de ce cinéma qu’on aime. C’est un choix artistique et esthétique, en plus d’être une préférence perso, parce qu’on aurait pu faire les décors sur Cinéma 4D, on en parlait au début.

Jérémy : On s’est bouffé pas mal de making-of de Stan Winston ou d’Alien  pour essayer d’imiter les meilleurs, parce que ces effets réels donnent une vraie impression d’authenticité et d’artisanat maîtrisé, au-delà du côté un peu « jouet » par rapport à de la 3D. Ca nous parle vraiment, et c’est un défi qu’on s’est lancé pour ce projet

Le méchant de ce films, le terrible C-9000 va apparaître beaucoup dans ce film. Quels effets vous allez utiliser pour donner vie à ce robot tueur ? Et comment l’avez-vous designé ?

Mathieu : Ça sera en partie un animatronic, pour le côté dégradation du robot on a prévu des affrontements, des moments où des morceaux du cyborg vont être détruits, après ça dépendra du coup et du budget qu’on aura. Après, il y a un comédien dans un costume à la base, mais certaines parties du corps seront mise en avant avec ces techniques-là.

Pour la conception du C-9000, ça s’est fait un peu de bric et de broc. On est parti du masque. On a trouvé un gars qui faisait des masques un peu cyberpunk avec pleins de fils sur Etsy, et j’avais cette idée des deux yeux rouges dans le noir comme dans Terminator. Il nous a fait un masque comme on voulait, on a rajouté un casque militaire. Par contre le comédien voit que dalle. Derrière le costume c’est l’enfer noir pour lui. Et au final il ressemble beaucoup aux méchants de Jin-Roh.

Jérémy : Après on aimerait beaucoup l’améliorer. Dans la bande-annonce on a pas voulu allé trop loin pour se laisser une marge, c’est aussi pour ça qu’on a fait un Kickstarter, parce qu’on veut faire encore mieux. Ce qui va vraiment le caractériser viendra après, on en a montré le minimum, juste une idée du personnage, et on va vraiment le développer ensuite. On aurait pu le modéliser en 3D, mais on aimerait pouvoir le maquetter vraiment, ça fait partie de l’esthétique qu’on veut créer.

Vous avez vraiment cherché un esprit plus authentique que retro en fait.

Jérémy : C’est ça. On le montre dans la bande-annonce, mais on a aussi prévu des plans qui montre bien l’environnement des machines. C’est notre manière de rendre hommage à ces films de notre enfance, mais aussi à leur technique et leur esthétique qui les rend si uniques, et qui font qu’on les aime encore aujourd’hui.

Mathieu : Dans cette optique-là pour Cyborg, on travaille avec quelqu’un qui fait des dioramas pour travailler les décors, on a vraiment un truc cool qui peut se faire. Mais du coup pour la première fois ça ne dépend pas que de nous, on fait appel à d’autres gens. Pour la bande-annonce on a bricolé, mais l’a on s’entoure d’artistes, de gens pros, pour faire un truc vraiment mieux.

Jérémy : Ça nous a permis aussi de rencontrer des gens super hors de notre cercle habituel, comme Fixion et Meteor qui feront la musique du film. Les décors, la musique, tout ça c’est des éléments du film qu’on aurait pu faire nous-même, mais que d’autres gens font cent fois mieux que nous, et c’est un plaisir de pouvoir collaborer avec plus de gens dans le cadre d’un projet plus imposant comme Cyborg.


 

Donc concrètement, qui travaille sur le projet Cyborg ?

Mathieu : Nous trois pour la partie création au départ. Il y a Dave Trix, que vous avez déjà pu voir dans d’autres vidéos, qui jouera le personnage principal. Le casting habituel de Masebrothers pour les personnages secondaires. On avait besoin d’une Sarah Connor, donc on a casté Aurélie Aloy qui est une comédienne qui travaille avec nous pour la première fois.

Jérémy : D’ailleurs, vu qu’on tourne entre potes, Mathieu qui réalise est souvent amené à diriger un peu les acteurs pour leur faire comprendre ce qu’ils doivent faire en terme de jeu. Là dès qu’on a tourné avec Aurélie c’était nickel à la première prise, c’était plutôt cool.

Mathieu :  Pour la partie musique on aura donc deux artistes Synthwave. D’abord Meteor, qui bosse avec nous depuis Kickin Jack, j’avais d’ailleurs réalisé un clip pour lui avant. Et on a aussi Fixion, qui va lui s’occuper de la partie Darksynth pour les passages plus ténébreux. Les deux artistes vont pouvoir se répondre dans la BO du film, Fixion faisant les parties plus sombres, post-apocalyptiques de cet univers de machine, et Meteor les passages plus enjoués et héroïques de film d’action pour représenter les personnages et l’humain. Après en terme de technique, y’a Eric avec qui je travaille depuis longtemps, qui jouera d’ailleurs un second rôle. Sur la partie animatronic, c’est un artiste qui s’appelle Stef Fabio qui fait des maquettes taille réelle de films d’action. Pour la dimension humour, il y aura le robot Barry et Eddie Haleno, qui est l’acteur foufou de Burnes Out, qui apporte un peu de second degré à notre délire. Il y a aussi Matthieu Trintignac, qui joue un des résistants, et qui nous aide pas mal à la com et à la réal, il a plein de figurines vintage. J’en oublie certainement mais pour l’essentiel c’est ça.


 

Et maintenant, Cyborg ça va devenir quoi ?

Mathieu : Là ça fait un an qu’on bosse sur l’écriture, sur la bande-annonce, et on a lancé un Kickstarter parce qu’on s’est rendu à l’évidence que ce film, on arrivera pas à le faire tous seuls, on aura pas les moyens d’aller au bout de nos ambitions sans ça. On est attaché à ce projet, et ça contribue à le faire aboutir dans les meilleures conditions possibles. On a prévu tout un tas de goodies rétros et sympas en contreparties. Après on vend un film donc même la plus petite participation va nous aider, surtout à payer tous les gens qui vont bosser sur le projet. Et en faisant ça, c’est plus que notre film, c’est aussi celui des gens qui le financent, et ça donne envie de se transcender encore plus.

Jérémy : Donc un très grand merci à tous ceux qui de toutes les manières soutiennent Cyborg et Masebrothers !


Pour conclure, Nous avons bien sûr interrogé Masebrothers et leurs Cyborgs pour vérifier qu’ils savaient de quoi ils parlaient en terme d’Apocalypse.

 

Dernier Livre avant l’Apocalypse ?

Mathieu : Dans l’Enfer Vert de la Rambosploitation, de Claude Gaillard

Jérémy : Douze Règles pour une vie, de Jordan Peterson. Vraiment intéressant pour savoir comment vivre en général. Après c’est pas très utile sur le long terme vu que l’Apocalypse arrive juste après quoi.

Dernier Disque avant la fin du monde ?

Mathieu : New Jersey, de Bon Jovi

Jérémy : C’est classique mais je pars sur Scenes from a Memory de Dream Theater

Dernier Film avant la fin des temps ?

Mathieu : The Killer, de John Woo

Jérémy :  Vampire de John Carpenter je dirai

Dernier Jeu avant la fin du monde ?

Jérémy : Pour moi ça sera Syndicate Wars sur PC. Quand on était gamins on y jouait avec Matthieu, c’est que des bons souvenirs.

Mathieu :  Street of Rage

Dernier repas avant l’Apocalypse ?

Mathieu : Un bon vieux burger dégueulasse, le plus sale possible, le pire. Un truc avec du Guacamole, ou tu rajoutes du ketchup de la sauce BBQ, quatre steaks, et un ptit steak vegan au milieu histoire de dire.

Jérémy : Ouais je vote pour ça moi aussi.

Selon vous, y a-t-il des signes précurseurs de l’Apocalypse ?

Mathieu : Comme ça va pas tellement bien dans le monde, je me dis qu’on y ait déjà.

Jérémy : Pour moi et pour être un peu sérieux, des maladies comme le cancer, l’accumulation de tensions, cette ambiance dégueulasse, les gens stressés, tout ça, ça me parait être mauvais signe, ouais.

L’Apocalypse serait mieux en compagnie de… ?

Jérémy : Van Damme. Je le connais pas personnellement mais ça doit être sympa de mourir avec lui.

Mathieu : C’est clair. Il te fait le début, le milieu, la fin, toute l’histoire !

L’Apocalypse ça ressemble à quoi ?

Mathieu :  A Cyborg, Deadly Machine ! Ça me parait cool, il y a une chouette nana, un héros qui veut faire de la sauce tomate, un ptit robot, et un cyborg qui est cool, même s’il a des griffes et qu’il te transperce la bouche.

Jérémy : Bon il y a la fin du monde en arrière plan, mais si ça peut être aussi cool que dans Cyborg ça serait bien.

Dernier tweet ou statut Facebook avant l’Apocalypse ?

Mathieu :  LOL

Un dernier conseil à vos fans pour affronter l’Apocalypse dignement ?

Jérémy : Restez cools

Mathieu : Et restez Retro

Que faudrait-il préserver de l’Apocalypse ?

Mathieu : Le cinéma, les films…

Jérémy : Notre humanité, les VHS et un magnétoscope.

Êtes vous pour ou contre l’Apocalypse ?

Mathieu : Pour, ça nous permettrait de faire notre film plus facilement ! On est un peu égoïstes pour le coup.

Conquête, Guerre, Famine et Mort : Quel cavalier de l’Apocalypse seriez-vous ?

Jérémy : Conquête c’est cool.

Mathieu : Ouais, il a l’air un peu plus positif, j’aime bien.


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Et retrouvez toutes leurs incroyables vidéos ici

Retrouvez aussi le travail de leur collaborateur Stef Fabio qui fait des props sci-fi de folie