Moog – Corps collants et fucking Greta

Tiens, vous revoilà ! Vous êtes les bienvenus sur votre webzine gratuit préféré qui s’est fait tout nouveau, tout beau pour vous accueillir. Tout apprêté, lifté et revigoré, sur son trente-et-un, aussi pomponné et anxieux qu’une minette cintrée dans un pantalon flare edgy et sertie d’highlighter un jour de rentée.

L’été fut long pour votre Paukalypse. Il fut néammoins adouci par les douces notes chlorophylliées de Plantasia, de Mort Garson. Album verveino-thérapeutique qu’on ne présente plus — surtout qu’il est déjà présenté, et de la meilleure des façons, par mon confrère l’autre andouille qui mange pas souvent (aka Famine). Notons cependant que Plantasia est composé au Moog, synthé parmi les synthés, qui lui donne ce son rond et bien bassu. Et vu que c’est presque comme « Mood », paf, jeu de mot bien senti.

Plantasia est plus qu’une humeur. Tandis que l’été s’éloigne et que septembre reprend ses droits, les rondeurs musicales de l’album de Mort Garson me sont vitales. Un geste désespéré pour s’accrocher à la lumière éclatante d’après-midi d’été qui filtre à travers un alcôve frais de feuilles. C’est le souvenir des derniers cocktails de vermouth, de vodka et d’absinthe verte – ou de gin tonic et de spritz si vous la jouez sécure – qui tentent de rafraîchir le palais sous l’écrasante canicule.

Les ondes soporifiques et apaisantes du sus-nommé album me sont comme une main gentille sur l’épaule qui me rappelle que, c’est pas grave si les baby boomers ont cramé la planète, et que la chaleur moite qui colle les corps est un rappel poisseux et constant de la fin annoncée de tout un écosystème.

Et puis après tout, la lassitude face à la fin du monde latente qui nous guette, et la distance amusée et paresseuse qu’elle inspire, vont à merveille à l’Apocalypse. Autant attendre la fin du monde en écoutant de la bonne musique.

Mais cessons nos jérémiades ! Déjà, parce que c’est redondant, et que mon rédacchef m’a aimablement glissé que tous mes moods se résument à diluer ma latente envie de crever dans n’importe quelle forme d’ivresse. Excusez-moi, j’ai des petits problèmes agricoles.


 

Et ensuite parce que quelqu’un, cavalière de la fin des mondes, paladine des tresses et de la gueulante, porte-parole d’une détresse générationnelle suante sous le soleil du réchauffement climatique, m’a redonné espoir et énergie. Mesdames et messieurs, l’Apocalypse arrive, et bien que j’aime sans fatigue cette fin des temps programmée, cela n’est pas au goût de Greta fucking Thunberg.


 

Quelle verve, quel courage, quelle envie de distribuer les coudasses ! L’oeil qui brille, les faits évoqués parfaitement solides sur leurs appuis. Le petit accent pour rappeler qu’à seize ans, elle parle déjà couramment leur langue, en plus de sa langue maternelle dans laquelle elle pourrait s’exprimer de manière beaucoup plus fluide, en leur imposant une traduction on ne peut plus légitime. Mais non ! Ça insulte les mamans, et en anglais s’il vous plaît. Bref, Greta Thunberg est une inspiration et peut-être une des seules raisons qui valent de retarder l’apocalypse. Go Greta.

Bisous suants,

Pauka