MOOD – La fin du Mood

Difficile de commencer un article qui parle d’une fin. Les commencements d’Apocalypse, c’était chouette. C’était des soirées fumantes, liquoreuses et mélomanes, et j’ai gagné mon ticket d’entrée en dessinant un cadavre exquis de Mélenchon et d’une choucroute, le Mélenchoucroute, au son de Sunset Mission de Bohren & Der Club of Gore.

Les débuts de l’Apocalypse furent fertiles en dépit de sa nature stérile. Conquête m’a appris à écrire à peu près correctement et à reconnaître que je n’étais encore fan de Muse que par fierté. Famine m’a démontré ce que c’est d’avoir une excellente plume et une désastreuse estime de soi. Mort m’a demandé si je savais ce que sont des mini-tet’s (argot vernaculaire de Mort pour « mini-tétons »). Et Guerre a écrit de nombreux, nombreux articles très sympa en plus de carry ma culture cinéma et ma santé mentale. A ce propos, c’est grâce à ce crou que j’ai compris que mes Mood étaient une forme de thérapie. Ce faisant, payer un professionnel s’est avéré moultement plus efficace et la question fut enfin réglée. Ce qui va faire passer un meilleur moment à tout le monde, moi comprise.

Maintenant, Conquête est emmuré vivant dans une cave de post-punk et nous envoie des nouvelles par télégrammes tandis qu’on lui infiltre des paquets de clopes et des cartes postales. Famine a rejoint les abysses d’où il gouverne des entités sans nom et plus personne n’a jamais eu de nouvelles de lui. Mort est parti élever des brebis en Suisse avec un Bobtail berger anglais et a été contacté par la Paramount pour adapter sa vie en film. Guerre est mon nouveau rédac’ chef. Et moi, j’écoute les premiers albums de Muse parce qu’ils étaient bons avant, je sais à peu près écrire des articles avec un vrai but journalistique, et j’apprécie (Mort merci) les mini-tet’s à leur juste valeur.

Apocalypse renaît tandis que nous, ses serviteurs, lui soufflons de la vie une seconde fois, tout en savourant l’ironie de créer quelque chose d’immortel dans les nexus d’internet alors que nous-mêmes avançons vers notre fin. Comme l’a dit une grande penseuse de notre siècle, Jenna Marbles : « La vie est courte, mais aussi, terriblement et insupportablement longue en même temps ».

Reviens, Jenna.

Jenna Marbles a clôturé sa chaîne YouTube, ce qui me met dans un profond état de deuil. Néanmoins la vie continue, des films intéressants continuent de sortir, la période actuelle musicale reste à un niveau inégalé de folie et de diversité et nous avons plein de choses à dire et auxquelles réfléchir. Aussi c’est pour célébrer toutes ces raisons d’écrire des articles et de transmettre notre énergie à ce preux webzine pseudo-biblique que je proclame la fin du Mood.

Ce qui a été demeurera toujours, et ce Webzine en restera une preuve tangible tant qu’il y aura des cavaliers pour l’héberger. Pour citer le bon Kurosawa : « Je ne regrette rien de ma jeunesse ».

Y’a-t-il un monde après la fin du monde ? Si on est assez dégourdi pour travailler à en rebâtir un, j’imagine que oui. En tout cas, l’énergie que je ne passe plus à maintenir un état mental à peu près stable et à m’apitoyer sur mon sort, je peux certainement l’investir à faire exister ce magazine très sympa pour lequel j’ai envie d’écrire. Ainsi, pour conclure, les gars : allez parler de vos problèmes à des médecins généralistes, ils vous prescriront un psy, et ça fera gagner du temps à tout le monde. Et vive la fin du moonde, vive l’Apocalypse.

On remercie Julien Ménielle pour son travail de vulgarisation et sa déconstruction des tabous.